Ma figure (à John Caffey) J.I(20)


(Origine de l'image)







On pourra vivre au-delà de tout. On pourra.

On pourrait, mais c’est un juste qui se finira juste avant.

On a bien l’existence qui survit à nos crochets, mais c’est injuste.

Je vais dans la vie comme à la corde de ma pendaison certaine, j’ai mal et j’ai froid, ne pleurez pas, je suis un juste.

On dansera sur ma tombe, pour la réchauffer, je l’espère. Ma vie enfin, je l’espère.

J’ai ma mort au bout. Je compte mes nuances sur les bouts de mes lois. J’ai mes doigts, ma victoire en l’air. J’ai perdu, car fendu par mon ego, je suis resté en vie.

On peut bien dire ou chanter n’importe quoi, tant que l’on est en vie encore.

J’ai perdu le fil de ma vie. Celui que j’ai imaginé autour de mon cou. J’ai la jugulaire gonflée, je meurs sans vahiné.

Ceci est un blog, mais je me passerai des commentaires qui me rappellent que je fais pitié.

Forts et dangereux de conneries, s’abstenir ici, merci.

Plus rien à dire, plus rien à écrire, je m’en vais sans un mot, je n’existe plus qu’avec le décès de mes souvenirs.

Fatigué. Amusez-vous, ensanglantez vous d’existence moi je n’y suis plus.

Fatigué. Mordre la poussière, le mors aux dents comme une prière.

Merci, on ferme ! On existe plus que par le passé ! Terminé !

Je suis l’être à bout. Pas question d’un voyage en Thaïlande qui se tape, pour voir, un morceau de son adolescence. Pas question de vivre la morsure du piège. Pas question d’être un homme au loin de son souvenir animal. Paradoxe et dentier pour en finir. Pas question.

Pas de quête, en dehors de ce que je dois être.
Pas de rêve, ailleurs que dans mes nuits où je ne dors qu’à moitié.

Pas de bonheur si c’est pour s’effilocher dans celui de l’autre.

J’ai honte de toi, j’ai un trait de honte au marker sur ma vie, lorsque je pense à toi.

Je rassemble.

Je suis le dissemblable.

Je cours sans cesse, avec mes genoux planqués sous la table qui m’invite à être moi.

Je suis foutu d’hypocrisie.

Misanthrope, pour moi, c’est terminé depuis le début.

J’ai le gosier qui sèche de plus en plus. Malgré tout ce que je bois, je me brûle en clopes sur clopes, mes alcools en feu de paille.

Il n’y a que paille qui m’aille.

Il n’y a que raille qui me taille.

Je n’ai que mes failles, qui à côté de moi, me braillent.
Je ne veux pas grand-chose, pour ne pas dire que je n’ai jamais rien désiré.

J’ai inventé ma douleur en la peignant comme une ligne sans couleur et à ne pas franchir.

C’était avant mon regard vengeur, avant les Dalton.

Je me prends parfois pour Lucky Luke, et mon ombre a toujours eu raison de moi, je ne vois pas assez rapidement. J’ai le cœur coupé en deux sur ma ligne à moitié rouge et à moitié verte.

J’ai des mouches au fond de ma gorge.

J’ai des centaines de douleurs anciennes dans l’aorte profonde de mon cœur, comme l’avenir, le racisme et la guerre.

Je suis le fou, le butineur légendaire. J’ai ma vie comme un légionnaire abasourdi par la guerre.

J’ai le cœur à droite et mes poumons m’insufflent une vie à l’envers.

Comme une interdiction de jouissance à tous prix, j’ai mes entrailles interverties, et mon âme introvertie qui se cache, de temps en temps.

De plus en plus souvent j’ai ma nouvelle vie qui se noie. J’ai les nouvelles du monde qui me font vomir comme un franchissement de ressac.

Un vingt heure et mes larmes sans Spasfon. Ma vie débile qui ne se permet toujours pas de vomir. Je tire la chasse sur mon vide, et mes chiottes se marrent. J’ai l’estomac noué à double tour de con.

Peu importe mon silence à moitié, je vais mourir à l’occasion, en déflagration. J’ai des drapeaux à tendre. Je suis dans le vent de mon flag. Je suis gaulé, comme une noix qui attend d’être mûre. J’ai peur. Mais plus de mourir.

Je vais m’éteindre comme un homme, je n’ai plus rien déjà, à mon âge, à étendre sur ma ligne figurée de pinces à linge dans mon jardin.

Je n’ai plus rien à dire, j’attends ma peur en silence.

Je vais en crever, mais avec le sourire.

Pourquoi mourir ?

Parce que !

Pas de rêve, ailleurs que dans mes nuits où je ne dors qu’à moitié.

Crever par un bel été, juste pour mourir de fatigue, en étant soi qu’à moitié.

Vivre sans savoir !

Mourir en l’ignorant !

Que la mort me ligote

Avant que je ne radote.

Pas de rêve, ailleurs que dans mes nuits où je ne dors qu’à moitié.

Mi-vie, mi-nuit, je n’ai de rêves qui ne subissent mon existence ailleurs que sur mon plancher.

J’ai ma gloire qui fuit entre les lattes, afin d’en revenir et d’entamer ma défaite aux aguets.

Je n’ai qu’un seul espoir, de ma vie enfin je veux crever.

Ceci n’est qu’un blog, un type complètement à côté.

Pourquoi en mourir ?

Parce que !

On me guidera, juste avant l’enfin, de mots moins terribles que la vie.

Moi je me guide, perdu, laissant peu de proses en vie à l’envie.

J’ai perdu.

Je suis fier d’avoir perdu, je n’ai plus rien à dire de tout ce que tu ne veux plus entendre.

Je suis fat, j’ai une grosseur en tête, et mon idéal obèse.

Je n’y crois plus,

Je suis en guerre et je me dévale loin du plaisir et de la baise.

Loin des couleurs obscures et de leurs braises

Je suis rendu.

Coloré par le vide à tout jamais.

J’ai soif encore, une chance.

Le poète incompris, la poésie en désordre.

Le poète apprend sa prière au bout d’une corde !

Puisqu’il faut s’éteindre

Puisqu’il faut s’étreindre dans le semblant de soi

Puisqu’il faut enfreindre

Et donner l’image du mensonge à son roi

J’ai ma corde, féminine, au bout des doigts !

Et je m’emmêle les craintes et les lois.

Je déteste mon image d’humanité

On ne sait rien en étant des millions

Au frais je me tape un St Emilion

Et de ma pauvre vie, j’insiste sur mes ratés.

Pourquoi mourir ?

Parce que vivre comme un dératé !

Pourquoi mourir ?

Parce que tel un rat,

En attendant l’été !

Pourquoi es tu poète ?

Parce que je suis fatigué de n’avoir plus rien à dire !

Pourquoi veux tu mourir ?

Parce qu’on ne vit pas sans rien dire.

Pourquoi tu nous fais rire ?

Parce que je suis poète.

Pourquoi sais tu que tu vas mourir ?

Parce que je sais que je suis poète.

Pourquoi es tu fou et complètement con ?

Parce que depuis toujours je regrette d’être en vie !

T’es con ou quoi, tu veux rire ?

Oui, je veux mourir !

On pourra vivre au-delà de tout. On pourra.

On pourrait, mais c’est un juste qui se finira juste avant.

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Cribas 2006

 

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