Fausse joie mathématique (J.I 64, 141 592 653 589 793 238 462 643 383 279 502 884 197 169 399 375)

           








Le talent. Le talent c’est comme la bêtise. On a du mal à en parler. Alors je me lance.

Je n’ai aucun talent. Je suis inutile. Un nul qui aurait au moins pu faire l’effort de croire en lui, mais même ça, cela me fut impossible en réalité.

J’ai tout tenté. On ne voit pas l’effort que j’ai fourni.

C’est la dégringolade finale, et je danse sur un air d’interné local.

J’ai fait durer le mensonge.

Quinze ans, ce n’est pas si mal.

Lorsqu’on est incapable de mettre un terme à sa folie, soit on devient réellement fou, soit on met un terme à sa vie.

Par pudeur, je ne vous dirai pas ici ce que j’ai choisi.

Et d’ailleurs on s’en fout, je suis un inconnu comme un autre.

J’ai un ego fortiche, mais je n’ai jamais eu de prétentions assez balaises pour me sortir de la bouse morale dans laquelle je me suis mis par un bel après-midi d’octobre 1974.

Je suis né à 16 heures, à l’heure du goûter. Quelle ironie dégoûtante !

Nous sommes bon nombre dans ce cas.

Le pire qu’il puisse arriver à un homme perdu dans ses yeux hagards, c’est d’attirer des mouches volontaires ne servant qu’à faire durer les éclaboussures.

Imaginez une bouse et des mouches sympathiques autour…

Oui un blog c’est vache.

J’ai manipulé le désespoir, comme on se renverserait chaque soir un flacon de phéromones sur les doigts, juste avant de faire sentir sa défaite à ses hôtes.

Je ne suis pas très fier d’être né et d’avoir durant deux années, insisté sur ce fait quasiment en public.

Je n’ai pas de talent. Je n’ai fait qu’étaler dans le temps cette lettre finale.

J’ai sans cesse été l’adjectif principal du gâchis.

Il y a un temps pour écrire et un temps pour…je ne sais pas ce que je vais faire maintenant.

Avant d’en arriver là, j’ai pris quelques précautions. En effet, je me suis brouillé avec les deux trois vautours qui n’allaient pas manquer de me souhaiter bonne chance en cette occasion, suivez ma plume.

Il y a deux ans, lorsque j’ai ouvert ce blog, j’étais plein d’entrain. Je me disais ça passe ou ça casse. J’ai bien fait. Je n’ai fait que passer. Je suis cassé.

J’ai grandi aussi. Je suis cassé sur toute ma hauteur.

Ce dernier billet, ça fait un an que je le mûris, en silence.

Ce genre de dernier billet ne se publie pas au mois de septembre. Non, il faut savoir être un rat, et quitter le navire qui sombre au mois d’août.

Les absents sont toujours morts.

Et puis d’abord ça suffit, ce n’est qu’un blog, il y en a des millions d’autres. Qui cherche s'ouvre.

La poésie est une jolie forme de crise d’adulescence mais c’est tout. Ensuite, il faut prendre part à sa mort, la rendre joyeuse, l’accueillir dans ses bras solides puisqu’elle vient de loin.

Je ne sais pas ce que je ferai demain, et d’ailleurs ça n’a plus d’importance.

Mon époque de merde tu parles… Il n’y a même plus moyen d’être bohème en paix !

Tant de besoins inculqués. Tant d’envies incarcérées !

Certains vieux se font tout petits, ce sont les derniers à avoir vraiment tout saccagé.

Mais on parle aussi de gérontophobie, comme si les plus jeunes avaient une véritable place de choix !

Chacun s’accroche à son rameau !



Pas moi, j’avais besoin d’originalité dans ce monde brut de cofinoga, alors j’ai toujours scié la branche où l’on me faisait croire que j’existais. Et puis comme cela ne suffisait pas à hurler ma rage folle, j’ai aussi noyé tous mes bourgeons, dans de l’acide chlorhydrique acheté au supermarché du coin à prix content.

L’autodestruction est en vente libre. Enfin une bonne nouvelle pour le cimetière propret des vieux cons.

Les vieux cons c’est comme la barbe à papa, plus elle te rase plus ça la rend obscène.

Les jeunes cons c’est comme la Barbapapa, plus elle s’encaisse plus ça les rend obèses.



Voilà je suis foutu. Je préfère m’en aller. J’ai souvent dit que mon blog se terminerait à J.I 65, juste avant l’heure du goûter.






Cribas
03.08.2007



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