Souviens-toi, de mémoire...(J.I 67)

        











Vous souvenez-vous de Cribas ? Je veux parler du jour où vous avez découvert le blog perforé de ce type à moitié cinglé mais pas trop ?

Moi je ne me souviens pas exactement.

Ceci est un exercice personnel de mémoire.

« Un auteur égotiste ». C’était le sous-titre de mon premier blog. Je n’ai pas changé. Je ne suis pas guéri non plus. Et alors ?

C’est qui qui paye ? C’est Bibi comme on dit dans les familles où on a la chance de payer beaucoup trop d’impôt.

Je ne vois pas le rapport. Il ne voit pas le rapport non plus.

Il c’est je. Mais j’utilise la troisième personne (et un blog payant) pour l’effet de grandeur narcissique.

Classique.

En effet mon blog est devenu en deux ans, un grand classique.

Quoi ?

Ta gueule et soyez polis !

Je vais te dire la vérité pour une fois, enfin je crois.

Je ne souffre pas d’être en vie. Non je ne souffre pas de cela. Ce qui me rend inapte à l’existence c’est autre chose.

En effet, je n’ai aucun but. Je n’ai aucun but depuis que je suis tout petit. Je sentais que j’allais le rester, je crois que c’est pour ça.

J’ai hurlé en crachant sur la médiocrité parce que je trouvais ça plutôt imbuvable.

Alors je me suis remis à boire il y a deux ans, après des années à être sérieux, à être dans des joints pas vraiment étanches non plus, chaque soir.

Je vais vous dire la vérité. Ce n’est pas beau de manquer de pudeur. J’aime ce qui est laid, parfois.

Mais j’y mets les formes.

Ceci est un exercice personnel de mémoire.

Enfant, je n’ai retenu qu’une seule chose importante, et c’est qu’on ne fait pas grand-chose de soi lorsqu’on a le droit (et l’endroit) de faire ce qu’on décide enfin.

Ce que je trouve amusant depuis toujours je crois, c’est l’esprit de challenge de l’homme.

Je ne sais pas pourquoi je suis passé à côté. Même le terme de lucidité a plusieurs sens possibles, selon ce que l’on sait, ce que l’on voit, ce que l’on croit voir, ce que l’on croit savoir.

Avec tout ça, on n’est pas encore garé sur l’emplacement payant du bonheur les amis.

« Les amis »  n’est qu’une expression manipulable, ne vous formalisez pas.

Vous souvenez vous de Cribas, ou de toi ?

Moi pas moi.

Je répète. Ceci est un exercice de mémoire.

La meilleure imagination possible lorsqu’on désire la communiquer, c’est de faire semblant d’en avoir.

Vous souvenez-vous de Cribas ?

Pas moi non plus.

J’écris à pas de loup, comme un agneau qui ne croit guère aux règles de n’importe laquelle des hiérarchies sauvages. L’homme et le naturel tombent de leur cheval de pierre, au galop.

Ma poésie particulière est un choix de destruction du mensonge.

Je ne crois en rien, et je prouverai que c’est possible, et même, que c’est ce qu’il y a de plus raisonnable.

Ce n’est pas la vie que je déteste, non, c’est le mensonge de la vérité acquise par manque d’imagination. Ça je l’ai déjà dit, alors je suis un peu fatigué.

On peut tout dire, et surtout lorsqu’on le dit en enfer, un peu n’importe quoi.

Je vais vous dire la vérité, pour une fois.

Je déteste les gens qui confondent la culture avec l’intelligence.

Un classique.

Je déteste les gens qui confondent la bêtise avec la gentillesse.

Le grand classique de notre époque.

Les requins ont pris pour forme, le fond de la ville.

Moi je reste à l’océan ce que l’amer est au Schweppes premier du nom.

J’ai dépassé la bouée de sauvetage. Je nage hors limite. J’y découvre un peu mieux seul, tout ce qui me rend fou, les caricatures à pleins poumons.

J’ai trop écrit le ciel, la lune, le soleil, et les rayons déjà à l’époque mélangés sur ma chienne de vie à vélo.

Je pédalais comme un fou, dingue ce gamin, afin de faire fuir le bonheur qu’on me présentait sur un changement de plateau, en descente !

J’avais du cran, je ne le savais pas encore.

Vous souvenez-vous de Cribas ?

Moi pas à pas non plus mais ça commence à me revenir .Les poètes c’est des menteurs.

C’est vrai.

Mais avec du son ça fait des pains complets surprises.

Mes poèmes sont des menteurs.

La poésie est mon silo à engrais. Je n’ai fait qu’engraisser mon existence, et mon mouton préféré broutant dans le champ lexical de fleurs à bon prix.

Je ne me souviens pas exactement, qui je devais être pour la forme.

Et dans le fond, maintenant je m’en fous comme on s’en balance. Je bouge ma tête en balancier, comme un fou.

Tout m’a trahi. C’est surtout un peu de ma faute.

Je vais tout vous dire ma vérité, pour une fois.


La vérité c’est que j’ai refusé de signer le pacte. Le pacte avec le diable. Enfin celui qui a le nom que vous lui donnez. Peu importe. J’ai refusé d’être quelqu’un avec un poids plume au fond de la gorge. Depuis j’ai du mal à me supporter. Je n’ai jamais appris à peser le poids de mes mots. Depuis j’ai une grande gueule il paraît. Heureusement j’ai des ennemis jurés plutôt intellectuels. C’est un peu débile, étant donné que moi je suis prêt à jurer comme je mens.

Enfin c’est un problème suppléant, lorsqu’on a mon foi.

Sans e, oui ma foi.


Vous souvenez-vous de Cribas ? Je veux parler du jour où vous avez découvert les entrailles perforées de ce type à moitié cinglé mais pas trop ?


Voilà, messieurs, badaboum tralala, et mesdames amygdales, veuillez recevoir l’impression de mes salades les plus amicales.


Je vous salubres maris pour la forme.

Notre enfer qui est au pieu.


Je répète. Ceci est un exercice de mémoire.









Cribas 26.08.2007

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