(J.I 72)

            





Tout ce qu’on a dit de bruyant

Même le silence retrouvé

Ne nous le pardonnera pas tant

Que nos combats seront ébruités


Se battre contre qui

Se débattre pourquoi ?

Quelle farce cette vie

Qui trace des petites croix


Dépressions au dessous

De l’art ceinturé

Les petites fleurs d’été

N’ont pas vu le jour



Il entend un cri qui vient de tout en bas. Il saute le pont. Il fait le mauvais pas. L’air vole une dernière fois, sans faire le bruit du mur.

La vie ne sait pas le bruit. Le silence est une poche d’existence.



Tout ce qu’on a rit en fuyant

Pour abrutir le clown

Lui sur sa balustrade d’argent

Trois fois rien dans les fouilles


Se combattre pour qui

S’abattre pourquoi ?

Quelle force cet ennui

Qui passe pour qui sait quoi


Des torsions de fou

Vomies des remparts

L’embolie des dessous

Les réveils sans hasard



Il prétend être déjà mort dix fois. De maux de tête et de mauvaise foi. Les poètes en colère et leurs pas de travers, bruyants.

Le mauvais poète sourit, et d’un coup de baguette magique fait retentir sa pauvre cloche.

Ça lui fait mal au nœud dans sa tête.



C’est l’heure du baptême

Avec du feu dans l’air

Un souffle sur ses batailles

Chuinté par ceux qui l’aiment


Dépressions au dessus

Des ceintures noires d’aubépines

L’homme s’élève à l’insu

Des coups bas de la rime


Il descend les étages

De sa tour quatre à quatre

Souriant sa victoire

Aux lucarnes des nuages



Il s’entend revivre pour une fois, le poète, juste avant de mourir comme une dernière phase. Le temps poisse et la caravane de tête se prélasse. On ne les reconnaît pas, même s’ils sont las ils se lassent en cachette, les poètes au rez de chaussée avec les clowns !







Cribas
08.10.2007







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