Quelques étages avant de tomber sur la mort (J.I 74)




Ceci est un texte foncièrement positif, fondamentalement vivant.
Pas sérieux s'obtenir.

Ceci est un texte forcément peu passif, rigoureusement rivant.
Pas sérieux s'obstiner.








Tous ces rôles dont cet homme se farde. Depuis si longtemps. Pourquoi ? Afin de plaire à qui, et surtout, jusqu’où ira-t-il.

Il n’y a que lui qui ne se pose plus jamais cette question. Il ne va nulle part, depuis des jours, des années, des poignées de secondes éternelles.



Il parle de vin avec les alcooliques en manque, de pain avec les goinfres affamés, de littérature avec les analphabètes, d’amour avec les enragés sociopathes, de genoux à terre avec les narcissiques et les égocentriques, de la fonte des glaces avec les pompiers pyromanes, encore de littérature avec les trous du cul pétant plus haut que leur lettre q comme « quand dix rats tombent de haut ce n’est surtout pas moi qui ai quitté le navire, surtout pas moi ! ».

Tous ces rôles qu’il emprunte. Tous ceux qu’il empêche d’être carrés.

Il navigue à vue, étire par grand vent sa voile inversant sa direction parmi les ailes des pigeons.

Les oiseaux explorateurs se doivent de tenter de nouvelles migrations solitaires et insolites.

Prendre le temps de comprendre vraiment l’autre c’est tenter de disparaître.

Cet homme a disparu, mais seulement de sa cachette. Personne ne peut affirmer qu’il y retournera un jour, alors personne ne l’attendra. Il reviendra quand on l’aura cru éloigné à tout jamais, car lui seul sait où il se cache en observant le monde qu’il a fui.


Toutes ces obligations ressenties comme vitales, de se diriger vers un promontoire. N’importe lequel mais un promoteur de l’ambition. Cet homme déteste l’ambition car elle l’éloigne de sa folie. Il aime sa folie, il s’y sent bien.

Perdre est un jeu gagnant, il ne l’ignore plus depuis que son enfance a été volée par une mouche rampante à qui il venait d’arracher quatre pattes. La seule mouche terrorisée de toute sa vie.

Parce qu’il l’avait prise pour un canard, et qu’il détestait l’expression cinglante qu’on lui avait sanglé dans le dos. Une nuit, le sale gosse écoutait aux portes :

« Il ne cassera jamais quatre pattes à un canard celui-là ! »

La mouche a morflé. Je ne savais pas que ce n’était pas tous des canards les animaux qui avaient quatre pattes, dont deux inexistantes qu’il fallait leur découvrir en aveugle.

Plus tard, j’ai compris que mes mains étaient des appendices de pattes raccourcies, et j’ai décidé d’écrire à gauche, à droite. En hurlant de mes dix doigts vers le ciel, en insultant ce dernier parce que je comprenais petit à petit, et de plus en plus vite, mon incapacité fondamentale à être un insecte heureux.

Pourquoi avais-je deux pattes courtes et deux pattes longues ? Les mouches six pattes et les canards…je n’ai pas compris les canards.


Bipède, je me suis retrouvé un jour le bec dans l’eau, étouffé, et avec des Bzzz bzzz plein le bourdon.

J’ai le cafard, dans le fond.

Moi la vie j’y comprends rien, et d’ailleurs, j’ai tout fait pour, le jour où j’ai commencé à la comprendre.

Toutes ces drôles qui se maquillent la tristesse à l’aide d’un petit mensonge délicieux de fard à paupières.

Cette dernière phrase sent la cuisine. J’adore cette bouffe là.

C’est moi qui fais la cuisine pour ma femme, lorsque j’en ai une, de femme en cuisine. Un de ses plats préférés c’est la paupiette de veau. Normal, c’est moi qui cuisine ce qui ne me lasse pas. Notre époque est bigarrée. Je me permets donc ici, pour la vanne lourde éprise de cuisine légère, d’insinuer que tant qu’elle tend la paupiette moi je fais le veau.


Tous ces rôles pour un seul homme devenu blafard, ça fait beaucoup pour un seul clone.

Et glou et glou et glou…je parlais récemment avec un ami pompier dans l’alentour d’une de mes bonnes bouteilles de whisky, de tous nos déboires contemplant nos feux d’artifice, ces belles pyrotechnies toutes de feux fols vêtus, et toujours prêtes à exploser de jouir.


Moralité ? Voulez-vous que l’auteur un peu bouillonnant de ce blog brouillon vous en donne une ?

Dites oui avec le cœur autoroute, ou non avec un clic précédent plein les artères. La moralité ne saurait être autre décision qu’une légèreté à adopter.

(Je vous conseille cependant le cœur autoroute, car tout peut se refuser en filant à travers champs juste avant le péage, au pire…ou au mieux avec un 4*4)


Tant qu’il y aura des hommes et des femmes, ou poliment, des femmes et des hommes, tous les rats auront une chance de ramper vers l’amour.

À la seule condition d’accepter d’étendre les recoins puants où les révolutions intimes s’éprennent des sous-sols, au moins jusqu’aux rez-de-chaussée, pour commencer.






Cribas 12.10.2007








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