En quatre lettres (J.I 76)

                                      









Penché un peu plus au-dessus des tombeaux grands ouverts,  je m’aperçois d’une étrange lueur me faisant un signe du destin.

Mes mains deviennent moites. Le vide et la brûlure m’attirent.



Les usines à gaz où gargouillent nos existences m’invitent à fondre, proies devant, sur l’ossature de nos crémations prochaines :

 

Parmi tous les mots, toutes les phrases, toutes les orfèvreries écœurantes du savoir, tous les dandinements de la littérature poissonnière, toutes les analphabétisations des masses populaires, toutes les télévisons pour sortir du lot, toutes les promotions sur des romans polars, toutes les conditions humaines rapatriées sur un même continent polaire, toutes les résurgences sanitaires, tous les raccourcis du langage, toutes les courses de motos déguisées en père-noël sauvages, toutes les listes citoyennes de poissons à déguster sans l’ombrage gustatif qu’est la déception de contribuer à la destructions des eaux de la terre, parmi tous les gribouillis plein de bave extasiée qu’on fait avec les gargouillements de nos premières digestions, tous les mots qui tentent de percer avec nos premiers feutres sur les doigts, toutes les ambivalences qui feront de nous des hommes avec un fumant H, toutes les contradictions dont on se dépréciera avec une pipe d’opium, toutes les puissances productivistes et formelles qui absorberont nos dépressions en de petites pilules dérivées, parmi toutes les décisions des goûteurs de mets et variés, toutes les variétés de stratagèmes pour survivre, tous les étages des HLM à locations sans s’avoisiner, parmi tous les démembrés par la route, tous les médias déconnant, tous les radars sur fond d’horizons de côte d’azur, parmi toutes les neiges éternelles, toutes les pluies trop souvent verticales, toutes mes nuits en allongements versatiles, parmi tous les mots de tout cela un seul n’exige pas de moi que je m’y arrête pour le comprendre.

C’est un mot enfernal en quatre lettres.



M comme moribond. O comme occlusion. R comme rivet. T comme tu es.



Penché un peu plus au-dessus des tombeaux grands ouverts,  je m’aperçois d’une étrange lueur m'impliquant d'un signe de la main.

Mes destins deviennent moites. Le vide et la brûlure s’attirent dans la cheminée.


NE PAS SE PENCHER.






Cribas, le 22.12.2007





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