Poème venu de Mars pour Vénus en marche

          





Les jockeys montent sur la peau

Le rouge à lèvres coule sur les ongles

Les femmes sont vernies

Les hommes sur la selle

 

Tous sur la sellette

Hommes et femmes endormis

Tentent d’ignorer leur furoncle

Cette course contre un squelette

 

En vieillissant, la peau

Ce n’est pas triste,

C’est le cuir des veaux

Qui fabriquent des talons aiguilles

 

Les jeunes femmes portent toutes des talons hauts

Les hommes jeunes une impuissante taille basse

Et ça finit souvent aux infos

Les histoires d’amour pleines de crasse

 

Arrêtons-nous au hasard

Là où s’aiment les fous

Là où sèment les barges

Là où la solitude des gardiens de fards

 

Une histoire et c’est l’histoire de ma vie

Deux histoires et c’est une plaie

Car une seule vie est à mes pieds

L’hallali fait chanter la nuit

Et au milieu du chantier

Je sens qu’on danse des pieds

 

Lorsque je sens de la tête

J’ai honte pour mon moral

Je préfèrerais puer des pieds

Qu’avoir l’envie dans les chaussettes

 

Le vernis à ongles des tongues

Est de longue durée

C’est dit dans la publicité

Le bonheur c’est à la longe

 

J’en ai joué de mon allonge

Qui m’a transformé à la longue

En un boxer devenu songe

Aux gants retirés sans bronca

 

La victoire est lointaine

Un rêve enfantin

Un souvenir où clignent mes peines

Sous mes paupières zinzins

 

Je cligne de l’amour reçu

Et de la haine au fond de moi

Je suis recommandé tel un prospectus

Et la colère prospère sur mon foie

 

J’aurais dû avaler mes godasses

Ravaler ma balade triste

Devenir une espèce de connasse

Au lieu de ça je continue ma flibuste

 

Je ne suis pas aussi fier qu’un champ de mines

J’explose encore plus que le hasard

Mes caténaires s’effondrent sur les gares

Et le passé me tombe dessus comme une ruine

 

J’aurais dû

J’aurais bien voulu aussi

Je me suis tu

La mère morte sans donner son avis

 

Mon voyage devient fou

Mais la peur oblige ma sagesse

Et solide comme une fresque

Je me demande qui de la pierre est le loup ?

 

J’aurais dû

J’ai réduit tant de choses

A un simple flux

Existant comme les autres.

 

Les jokers montent sur le bateau

Le foutre à lèvre macule les encombrées

Et les flemmes chérissent

Les femmes sur la paille

 

Tous sur la sellette

Jouisseuses et capotés

J’aurais bu à ton ombre

Si la trombe avait été dans tes cordes.

 

Arrêtons-nous au malheur

Là où s’aime le flou

Là où mène l’horreur

Juste avant que le phare n’éclaire plus…


 

 

Cribas 28.11.2009





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