Reconnexion imminente

         




N’exagère plus maintenant. Meurs en toi. Fais la taire cette voix. La datation au carbone 14 ce sera pour plus tard. Vois le diamant du soleil, la perle de la pluie, le déhanchement des rues.

Efface la buée, et la tête la première, fonce dans le mur.

Traverse-le.

Bois aux averses, c’est aussi ton sang. Ecroule ta rumeur, tu ne peux plus vivre avec cette image.

Elle est fausse comme l’écho d’un miroir. Ils en ont vu d’autres ces voyeurs, ils en savent long.

Pas un seul tracé n’est vierge. Même en dehors des passages cloutés, le bitume est creusé.

Les chemins de terre se sont effacés, mais n’entends-tu pas le rire des morts lorsque tu chantonnes un air de liberté en dehors des sentiers ?

Que de foudres ont frappé le même endroit. Que d’orages ont effrayé mille générations d’enfants le même jour. Que d’éclairs de lucidité se sont envolés, heureux de leur forfait, après avoir enflammé un homme

de l’intérieur.

Combien d’insomnies ont fait pâlir la même lune ? Combien d’étoiles filantes sont venues se moquer de notre mobilité de fortune ?

Nous n’avons rien, la liberté se tord de rire et fait siffler le vent à nos fenêtres.

Sors de tes haillons et fous le feu à tes souvenirs.

Que de poussière ! Et cette araignée au plafond ? Tu vois bien.

On ne récupère pas un siècle d’enfance perdue, en quelques  pauvres révolutions qu’il nous reste encore ici-bas.

Il n’y a bien que pour les astronomes que la terre tourne à la même vitesse.

Ferme les yeux. Tu ne vois rien ? Ouvre-les. Toujours rien, mais en plus lumineux, n’est ce pas ?

Ça te brûle les paupières, ça te carbonise la rétine.

N’exagère plus maintenant. Ecris ton cercueil et replante une forêt.

Non rien ne viendra. Jamais nous ne verrons la lumière avec leurs orbites obstruées. Jamais nous ne dirons oui pour dire non, ou alors pas longtemps. Jetons-leur nos masques à la figure, ça ne leur en fera qu’une de plus.

 

Meurs-les tous, mais ne bois pas leur sang.

Eteins ces dernières larmes qui leur appartiennent.

Ne griffe plus les carreaux, hurle ta douleur des fonds stridents, c’est ce qu’enseigne le vent.

 

Puisqu’ils n’entendront jamais.

 

 

Cribas 05.10.2011



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