Sensation #6 (Le corbeau)

         




Ta démarche en dit long sur la passion que tu t’imagines susciter. Des poses enfantines mesurées, jusqu’au tatouage au-dessus de ta frêle cheville, je ne vois, moi, que l’aiguille biscornue de ton pouvoir de séduction. Ta médiocrité haut perchée ne s’enfonce que dans les cœurs mous. Avançant dans la nuit j’oublie vite tes simagrées, car l’aube, et déjà le rappel du corbeau, s’emparent de moi.

Je ne fais plus ce rêve ardent de l’amour, qui n’est qu’un feu de paille que la jeunesse prend pour un incendie majeur. Il n’y a pas d’amour heureux, non, il n’y a pas d’amour. Pourquoi enrouler l’autre de son propre fil à retordre ? Inutile de perdre son temps pour en arriver à cet inéluctable « Avec le temps on n’aime plus ».

Ma démarche en dit long sur le poison que je m’instille.

Les chansons d’amour ne sont que des campagnes publicitaires mensongères, des pièges à gogos dansant sur les rotules. Je répugne à donner un sens à ma vie en passant par ce piètre accoutrement qu’est l’aura imaginaire qui planerait au-dessus de ces crétins de bancs publics.

Lorsque je trouve un banc, je m’assois au milieu et j’y étends mes longs bras.

Je démarche l’enfer, je frappe à sa porte.

Je sens l’odeur de la mort dans chaque souffle de vie, et dans chaque souffle de vie l’angoisse qui court comme une dératée vers l’amour. Et je ris violemment, sans pudeur, lorsque je pense à tous ceux qui se demandent, et demanderont éternellement : « C’est par où l’amour ? ».

Aimez-vous les uns sans les autres, la putréfaction est en cours.

 

 

Il me vient un mot.

Nauséabond.

 

 

 

 

Cribas 13.11.2011

 

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