OFF #3 (La poésie est un jeûne OU Pas de retraite possible pour le poète)

                   








Vieux sportifs rouillés mais n’ayant pas perdu leurs réflexes

Les jeunes retraités se mettent à la poésie sur internet

Ça facebook, ça twitte, ça se montre sur tous les sites

Ça te pond des niaiseries, de l’amour à la mitraillette

Ça a toujours foncé, la tête dans le guidon, jamais une minute

Ça reproduit la schématique, une poésie de sportif

Esprit malsain, corps de coureur tombant en ruine

Ça te prend de haut parce que ça a tellement couru

Que ça connait la vie, c’est en bout de course, ça fuite

Ça réveille tes instincts primaires, tes envies de meurtre

La bêtise qui s’allonge comme ça, qui étire la piste

Ça continue de croire que l’ennui c’est du tartre

Qu’il faut polir l’image, et ça te crache du vinaigre

Ce n’est pas beau à voir le complexe du génie vécu sur le tard

Ça te compose du commentaire spontané au correcteur d’orthographe

Ça utilise ici la magouille des phrases vagues pour masquer l’inculture générale

Ça se flatte par-là, du bout des pattes, dans le panier de crabes

Mais ça n’a pas perdu ses habitudes, être premier, on sort les pinces

Ça réussit encore à me faire sortir de mes gonds

Ces branquignols guignolesques qui ont flâné sur les gondoles

Et se rêvent maintenant sur les gondoles

Mais madame, monsieur, oui vous le savez, la poésie est un état

Pas une nouvelle lune, ni une nouvelle ère

Qu’on s’octroie juste avant que s’éteigne la lumière

Et pourquoi pas, me direz-vous ?

Il suffit de vous lire, la démonstration est lumineuse !

 

 

 

Vieilles poules venant tout juste de trouver le bouton des phares de la guimbarde

Vieux tas de cafards terre à terre, sociétaires tout une vie durant de l’Esclavasingie,

Pays où rutilent chaque jour un peu plus vos plaies fétides et sans spleen,

Vieux débris aficionados de la lucidité sous le pare-soleil

Mon premier blog, Brisdedébris, torchon de la poésie funeste, j’y vois là un signe

Avant coureur

Vieux machins du paraître arborant maintenant un catogan pour donner dans l’illuminé

Humanistes esbroufeurs considérant la vie comme un jeu, emplis de copyright dans les yeux

Vieilles biques malodorantes parfumées aux regrets des fourrés manqués par bêtise bien cambrée

Ecrivailleuses à la plume trempée dans le graillon, écrivaillons de trompettes et violons en manque de trempettes

Vieux chiffons imbibés de gouttes d’océan immense, d’embruns éthérés, de sable tiédi à la pisse

Citadins à la poésie champêtre en coup de vent, fustigeant tracteurs et tondeuses à gazon

Producteur pâteux de farines impropres à la consommation pour le plus simple des esprits

Receveurs désespérants, d’idées remâchées par le concept même d’inconsistance

Penseurs reprenant le vieux chewing-gum recyclable oublié jadis sur la table de nuit

Adolescents post-imberbes avec des souris dans les oreilles et des rats dans le nez

Singes optimistes ! Sprinteurs infatigables !

 

 

 

 

Cribas 25.02.2012



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