Sensation #12

       






Il est l’heure

Grand temps

D’assombrir à nouveau

De renouer le bandeau

De repartir là-bas

Là-haut

Rentrer Dedans

Pour saluer mon ombre là-dessous

D’un clignement et d’un chapeau

 

Vers d’intérieur

Les yeux ouverts aux lueurs de la prose

L’âme bien chargée

Les épaules basses

Passeront l’ouverture de la niche

 

Réintégrer le picotement de la solitude

Loin des chiens dans l’air

Des aériennes électriques

 

Il est tellement plus doux

De ronger ses barbelés

Loin des peaux zélées

Et des mouches à la queue leu-leu pour trois sous

 

Gros temps

 

À démonter sa veste

 

Il est l’heure

De s’en aller tanner son cuir à l’abri

Des regards qui ne voient plus

D’asseoir son dos

Sous l’arbre vertical

De défier la pesanteur des rêves

En appuyant leur mémoire  aux feuilles horizontales

Puis

Longer de toutes mes griffes

M’enraciner

Froisser ces mains de glaise

Telles des serres

Et suivre la souche dans les profondeurs

Où rien de mon âme n’est à abattre

 

Creuser

À la bougie de la lune

En s’enfonçant dans la terre

Disparaître sous les vers

La source du retour

 

Il est temps de renouer le bandeau

Et de rejoindre l’autel paisible

Devant lequel le poète s’agenouille depuis les hauts millénaires.

 

 

 

Cribas 26.03.2012


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