L'ossature de nos coeurs

       
(Texte + écoute)   







A resplendir seul

Avec juste une ombre au tableau

Il oublie le miroir

Dans le reflet instable de l’autre

 

 

Maquillé d’une absurde clarté

Son authentique s’effile

Puisque la vérité choque l’immensité

Et vrille son courage dépecé

 

 

N’ayant ni solitude

Ni solide histoire à envoler

Son effroi commence la moisson

D’une lutte égoïste

 

 

Les germes autrefois ensablés

Ont la force aujourd’hui

Et sa peau verdâtre et son cœur crevé

Voient son tombeau s’unir à la nuit

 

 

A mentir seul

A survivre comme il respire

Son mirador lentement s’enfonce

Et lui ferme les paupières dans la boue

 

 

Efflanqué d’une ossature stérile

Son squelette sera prié de ne pas faire le pont.

D’autres, il observe déjà cette mutation

Celle qui forme les bras, en détente innocente infantile

 

 

Et dans un ciel, toujours allumé des feux du désespoir

Il perçoit enfin chaque soir, l’ombre vivante du néant

Mais le miroir est oublié

Et son âme perdue ne s’ajuste pas aux étoiles

 

 

A resplendir seul

Sans prier son nombril de briller pour l’autre

On reste un nombre au tableau

Démaquillé par d’infants fauves aux mathématiques fastes

 

 

 

 

Je suis un fauve

Au collier qui se fait plus doux sous les ongles d’une femme

Un fauve joueur aux griffes qui se précisent

Et je sais un peu qui et je sais un peu quoi

De la morsure ou de l’entaille

 

 

Soyeux pour mes félines

Sapant pour les pisseurs en hauteur

Je porte ma solitude comme des écailles sous métamorphose

Ma seule guerre est un duel

Je cisaille des z de Zorro ou des s de suis-moi

Je suis le parolier du vent

Parfois le souffle tiède sur les nuques

Et même sur les roses

 

 

A mentir seul

A resplendir seul

A se visser sur le corps des pince-nombril, seul

Monseigneur quel ennui, même si sublime ce linceul !

 

 

J’ai de la solitude

De solides histoires à envoler

Ma lutte égoïste

Commence sa moisson d’effrois

Que je métamorphose en les faisant grincer une ultime fois sur mon tableau.

 

 

Et Monseigneur

Aujourd’hui l’on s’ennuie loin de moi.

 

 

Depuis un mirador en haut duquel on danse et d’où l’on participe à la fête dès le premier pas sur son échelle couinant des petites cornes de brume vers les taureaux soudainement affolés,

 

 

J’observe mon tombeau qui se morfond de ne plus m’attendre.

 

 

 

Monseigneur

Aujourd’hui l’on s’ennuie loin de moi.

 

 

 

 

 

Cribas 23.11.2012

 

 

 

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