Les enfants gâtés

                        











A la mémoire des morts qui n’ont jamais connu l’amour

 

Je dis bravo quelle vie d’avoir été si fort et vide avant la mort

 

A la mémoire des morts qui n’ont connu que le vide d’être vie

 

Je dis bravo quel courage de n’avoir jamais couru plus vite que l’enfer

 

 

 

Il n’y a du verbe aimer, ici-bas, que le spectacle du chat jouant avec sa proie

 

Les amants sont des miroirs qui se briseront, de l’âme en chair à faire pourrir

 

Les amours créent des histoires à grands spectacles avec de longues chevelures

 

Seulement pour amener au cinéma et dans les bibliothèques, des rats comme aux ordures

 

 

 

A la mémoire des âmes qui errent encore dans les bas fonds

 

Rampant tels des cloportes déguisés en moutons

 

Je dis bravo, de chercher un peu d’amour en glissant entre des fourrures moches

 

Quelques monnaies de bonobo farfouillées jusqu’au fond de leurs poches

 

 

 

Ecrire un poème sur l’amour ce n’est pas dieu possible

 

Ecrire dans les yeux de l’amour c’est griffonner avec une plume trempée dans le soleil

 

Ecrire en chantant une ode accompagnée d’une lyre insubmersible

 

Ecrire un peu d’amour, un peu d’amour, un peu d’amour, sans oublier les hyènes sous le soleil

 

 

 

Non il n’y a pas d’amour heureux

 

Et je me demande combien de fois le poète a aimé

 

Pour nous chanter qu’avec le temps on n'aime plus

 

Car j’ai beau compter mes jours heureux

 

Je ne vois pas plus de reflets que ceux d’une allumette ou deux

 

Sur le cadran solaire qui me sert aussi de gouvernail

 

 

 

Je marche dans la direction des amours mortes

 

Plus comme un bon samaritain, que tel un vautour

 

Invisible aux regards furieux des amoureux,  je me mêle à leur cohorte

 

Et je tourne en rond depuis quelques jours

 

Ecrire un peu d’amour, un peu d’amour, un peu d’amour, sans oublier que nos cœurs brûlent le soleil

 

 

 

Et je tourne en rond depuis quelques jours

 

Cette animale, là-bas, semble à bout de souffle plus que moi

 

Je sens que la meute ne tardera pas à l’ensevelir loin d’émois

 

Mais Elle écrit,

 

Et je lui suis invisible, son ode idéale jouée au banjo

 

 

 

Ma lyre est funeste

 

Mal accompagnée

 

Son banjo cherche l’esthète

 

Mal accompagné

 

 

 

Alors je tourne autour d’elle

 

Feignant de croire qu’elle m’est invisible

 

Je suis bien le seul à entendre sa ritournelle

 

Contemplant sa malice lorsque ses ailes d’anges,

 

S’échangent pour celles d’une hirondelle

 

Alors j’écoute sa chanson, je tourne autour d’elle

 

Laissant la cohorte sanguinaire s’enrôler, volontaire,

 

Dans les armées des amours conventionnées

 

En parcourant les plaines sauvages, tels des sauvages

 

Empressés d’arriver nulle part vers l’amour

 

Mais plus vite, écrasant, déglinguant, arrachant

 

 

 

Et je la protège en secret

 

Au creux d’un tourbillon invisible

 

Ecrire en chantant une bulle protectrice l’entourant de ma lyre

 

Car je n’aime plus

 

Personne

 

Lorsque je regarde le monde qui n’aime plus

 

Personne

 

Car je l’aime plus

 

Que personne

 

Lorsque je regarde le monde

 

Qui file partout comme personne.

 

 

 

Je n’attends rien de l’amour

 

Plus jamais

 

Pour toujours

 

Il ne faut jamais dire toujours

 

Si seulement je l’avais su

 

Un seul jour...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cribas 06.01.2013






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