Romances factices (Messages courts)

                                               








Si loin dans l’horizon qui s’éloigne et pourtant, si proche de mon cœur, j’entends, la raison de celle-ci arpentant l’écho de mes douleurs.
Elle cherche l’amour, et le cherche si vite, que je ne suis qu’une ligne facile sur son clavier de fuite et d’oubli.


J’observe en secret ses yeux qui sourient, et qui brillent sur l’écran d’un autre, autant qu’en surbrillance sur son visage d’ailleurs, mon absence cafarde l’habitude éclairée de mon néant ;
Je n’existerais pas, selon elle. Je le lis dans le miroir lorsque ma gueule de chien affamé m’est renvoyée, solitaire et hirsute, mélancolique et bâclée, lucide est perdu.

C’est presque beau de ne pas exister, c’est une expérience que je recommanderai un jour, lorsque la mort et ses tentations en auront enfin terminé de me balancer d’une corde à l’autre.

C’est idyllique de ne pas être, pour une fois. De renaître, en existant à peine, sur le coin inférieur d’un tableau où l’on sent qu’une vie pleine commence son esquisse.

Il est douloureusement exquis de constater que se liquéfie sa toile de maître, et s’efface toute l’expression  travaillée, usée, esthétique et millimétrée de sa propre vie, dans le seul regard brillant d’une jeunesse en beauté, arrogante, et à tête chercheuse.

Et la bêtise ! Que dire de la bêtise, qui, mille ans, a été feinte dans le but de se faufiler en mille lieux d’existence, et qui, aujourd’hui, est sauvagement créditée de peinture réelle, sur la palette où la pratique du projet insouciant est immédiate.

Si loin, est-ce mon écho, ce cœur qui bat sur sa poitrine ?

J’ai oublié ma fuite un seul instant, et me voilà pris dans les filets où les mondes organisent leurs frontières ?

Et si c’était cela, voyager enfin libre ? Laisser s’éloigner l’horizon, et lentement, s’autoproclamer destitué d’office, pour humanité accomplie.

Rejoindre l’autre rive, révélé maintenant, et attendu.
Cette liberté de la pensée émue, est-elle réellement inattendue ?









Si près, est-ce l’écho plat de mon âme qui rejoint la fin de ce monde, après l’ultime preuve de compréhension ?

Et le mensonge ! Que dire du mensonge, qui, mille ans, a été subi dans l’intérêt possible des humanités effrayées par la potentialité de leur courage.

La lucidité est le réceptacle de la grande comédie humaine.

Si loin de l’horizon qui s’éloigne et pourtant, si proche de mon cœur, j’arraisonne, la lucidité de celle-la arpentant l’écho de mes douleurs.
Elle cherche le vent, et le pirate si vite, que je ne suis qu’une ligne factice sur son clavier de fuite et d’oubli.






Cribas 04/02/2013

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