Projections

            






Toutes ces vilenies. Ces sournoiseries chantantes et rieuses. Ses sorcelleries qui se tiennent loin de la violence physique et s’approuvent en un seul regard, souvenir de grimoires où l’ignorance autrefois a fait ses armes dans le sourire, et parfois le large. Loin de chez eux, ils ont parfois appris à grimer notre avenir, les jeunes rois du nouveau monde. Nous, nous leur laissons. Nous n’appelons même plus cela un monde, même en public. C’est une poubelle de merde, où les papiers gras, autant que les psychismes, sont recyclés en grande pompe. Mais dans des arrières cours aussi. Je ne sais pas choisir entre un cliché et un autre. Je ne sais plus. Je recycle. L’arrière cours cul de sac, aux gyrophares interminables balayant les murs moites de l’aube, ou la rue lointaine et sourde, sondée au super phare d’un hélicoptère équipé de grouillots de la sécurité urbaine ?

Passé trente ans, depuis presque lointain, il me resquille encore quelques dents. Celles du parquet ont sauté tout de suite.

 

Pas fait grand-chose pour que ça change. Pas vu grand changement dans les choses non plus ; je repense sans savoir pourquoi, à Levi Strauss en fin de vie, qui ne savait plus très bien où il habitait. Il y a un monde fou, il disait comme ça : « Quand j’ai commencé il y avait un milliard de ces cons-là sur terre, on est marron, chocolat, six milliards ce n’est plus mon monde ».

Et il est parti. Il en a vu des choses ? Assurément.

 

Toutes ces saloperies. Ces soudainetés qui te collent à la peau et tu n’y vois que du feu, grand brûlé parmi les martyrs anonymes. Les décisions du monde n’auront pas changé d’un yacht, que tu seras déjà mort. Oh tu peux bien filer comme la mer sur ton hors-bord, tu finis la plupart du temps comme un James Bond qui foire son vol plané, et t’as plus qu’à admirer l’imprévu, un volcan, peut-être le tien, qui sait à qui que quoi qui appartient. Un volcan. Ce n’est pas comme dans les beaux livres d’histoires où les rois du monde dessinent leur passé, à défaut de l’avoir décidé. C’est un volcan à peu près. Tu ne choisis même pas la couleur, seulement le ton sur lequel tu vas à peine avoir le teint de le disséquer en mille temps. Une seconde. Une vie. Lune lave fleuve. L’autre larve fleur. Un effluve. Tu voudrais que cette milliseconde s’arrête un peu, au moins une éternité t’en demandes pas plus, pas tant que t’es juste et lucide, et partant.

 

Tellement de choses sont fêtées afin que rien ne change. Et plus tu gueules plus le temps passe ? Plus le temps passe plus tu choppes ta tête de gueulard. Ca ne change pas trop de ta tête de lard. Pourtant quelque part, quelque chose sent le cramé, un projecteur, une lampe de poche agitant sa fuite dans la nuit, personne ne sait. Ce que tu retiens, c’est que ton cœur fatigue, et plus tu t’en vas moins t’as l’air d’être en bonne marche. T’es pas heureux depuis toujours. Et maintenant on dit que t’es pas crédible. T’y comprends rien.

 

Tu ne prends plus tes larmes à tes genoux. T’as un peu changé. Toute cette merde, tu l’as chevillée au corps, ton corps qui craque un peu moins vite. Cheviller. Le verbe interdit.

Personne ne t’empêchera de craquer ta vie, de l’articuler comme tu l’entends. En général, mais c’est rare, tu fileras tes clés, histoire de faire sauter au moins ce verrou-là. On entre chez toi la bobine branchée sur mille volts. Ce n’est pas la bobine Shahrazade et les histoires de ta grand-mère qui ne valent même pas leur clou, chez toi.

On t’aime ou tu te barres, tu te barres en clown, tu l’as hurlé dès que tu as su.

 

Tu ne ris qu’avec les costumières qui savent trinquer dans un dé à coudre, de l’air à moudre. Rire fou à mourir. Idéaliser ? Allons bon!!!

Rivalisez ! Rivalisez ! Ses yeux à elle ne sont pas dans ma poche !

Tellement de choses sont fêtées afin que même les corbillards engrangent. J’y comprends rien.

 

Toutes ces vilenies. Ces salopards qui salopent même les salopes.  Tout ça pour elles. Quelle bande de connards qui canardent même leurs frères.

 

A la fin t’as les yeux tristes, comme disent en chantant les derniers poètes.

T’as pas fait grand chose, même pas d’études qui ne changent pas les choses.

C’est même pas vrai que t’es moderne comme poète. C’est même pas vrai que t’es poète.

La poésie t’a bien saigné. Tu l’as signée parfois, parce que tu n’avais pas de bougie, et qu’un seau grouillant d’on ne sait quoi, pour y vomir dégoulinant.

 

Avant d’avoir de tout petits yeux, toi, t’as même arrêté de picoler. T’as quand même continué de picorer  des trucs de bon goût. A force de goûter, t’as même fini par dérouter. Tu gardais les bulles en rendant les étiquettes, et on te regardait quand même ce type là il a un truc si je ne m’abuse.

 

Oui j’ai un truc.

Je suis poète et je m’amuse

Puisque les Buyck

Et vos vieilleries et vos vieilles ruses

Sont aussi chiantes et sans risques

Que vos vieilles runes élastiques

Que vos ruines sur nos barbecues

 

 

Toutes ces saloperies. Ces soudainetés qui te collent à la peau et tu n’y vois que du feu, grand brûlé parmi les martyrs anonymes. Les décisions du monde n’auront pas changé d’un yacht, que tu seras déjà mort. Oh tu peux bien filer comme la mer sur ton hors-bord, tu finis la plupart du temps comme un James Bond qui foire son vol plané, et t’as plus qu’à admirer l’imprévu, un volcan, peut-être le tien, qui sait à qui que quoi qui appartient. Un volcan. Ce n’est pas comme dans les beaux livres d’histoires où les rois du monde dessinent leur passé, à défaut de l’avoir décidé. C’est un volcan à peu près. Tu ne choisis même pas la couleur, seulement le ton sur lequel tu vas à peine avoir le teint de le disséquer en mille temps. Une seconde. Une vie. Lune lave fleuve. L’autre larve fleur. Un effluve. Tu voudrais que cette milliseconde s’arrête un peu, au moins une éternité t’en demandes pas plus, pas tant que t’es juste et lucide, et partant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cribas 08.02.2013






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