Du satin aux moires

               









Il attend le soir

 

Tous les soirs

 

Lorsqu’il pose ses mains

 

Autour d’un verre

 

De single malt

 

C’est un peu de chaleur

 

Sur ses échecs

 

Et chaque matin

 

Il s’en souvient

 

De ce whisky qui pleure

 

A sa place

 

Il garde pour lui

 

Les mots tristes

 

Il ne dit plus

 

Qu’il ne rêve pas

 

Que c’est bien la vie

 

Qui le dépèce

 

Ceux qui l’empêchent

 

De courir

 

Ce sont les mêmes

 

Que ceux de son enfance

 

Quand il voyait trouble

 

Sur les chemins de boue

 

D’un village au fond de la France

 

Ce sont les mêmes

 

Qui le tiennent debout

 

Du matin au soir

 

Parfois dans l’autre sens

 

Lorsqu’on est au bout

 

Cela n’a plus d’importance

 

On se réchauffe le cœur

 

En quelques vers

 

On pose ses mains quelques heures

 

Autour d’un verre

 

Chaque jour on s’éteint

 

Et le soir on attend

 

De refaire en douce

 

Tous les kilomètres de destin

 

Cette fois sans la frousse

 

Avec ses deux mains

 

Bien obéissantes

 

Passant d’un verre au clavier

 

Posant des vers comme un pied

 

Ou livrant son paria

 

A des livres de papier

 

Il attend le soir

 

Tous les matins

 

Lorsqu’il se réveille

 

Avec dans ses mains

 

Le tirant d’une bouteille

 

L’affection d’un courant d’air

 

L’amour dans les vapes

 

Il prend son café

 

Capitaine d’un radeau

 

Largué en enfer

 

Et pendant des milles

 

Il rend à la mer

 

Par dessus l’épaule

 

Des millions de feuillets

 

Et l’on voit ce fou

 

Cet homme à genoux

 

Faire des gestes à la vie

 

Dans des paires de jumelles

 

Sans demander secours

 

Il attend le soir

 

Du matin à la nuit

 

Ainsi jusqu’au jour

 

Où une lame de fond

 

L’emmène avec lui

 

Et qu’une malle vide

 

Témoigne en surface

 

Encore quelques années

 

Errant sur l’océan

 

Ses kilomètres de destin

 

Qui l’ont tenu debout

 

 

Un peu pour rien

 

Et c’est à peu près tout

 

Lorsqu’on pose ses mains

 

Et qu’on attend passionnément

 

Un peu de chaleur demain

 

 

 

Prenez, ceci est mon cœur encore chaud

 

Palpitant au soleil

 

Allez, buvez ces vers

 

Ils sont encore un peu rouges

 

Ou comme l’or en fusion

 

D’un ange sanguin

 

 

 

 

 

 

 

Cribas 25/02/2013






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