Je ne me mets personne à dos, mais je mets dans mon dos ceux qui refusent le face à face.
J’ai moi aussi mes humeurs en dents de scie. Rares sont les jours où je suis touché par la grâce.
Le monde s’évacue lentement en tirant la chasse. Je suis cinglé et le siphon de ma baignoire confortable est plein de crasse.
Qu’importe la douleur de la nuit, quand le silence se mise pour le pire, chaque jour ?
On peut bien se prendre des tartes. Qu’est-ce, comparé à notre cervelle, qui depuis toujours et encore, crame sous nos cendres dans l’âtre de notre four ?
J’ai la vie comme une hernie et mon nombril se délecte de mes impatiences.
J’aimerais flotter comme un oiseau. Geai m’affectionne de sa science.
Ne parlant plus qu’en verres de moi, ma poésie est une danse trépignée.
Je m’avilis dans le vin, espérant trouver dans le lointain mon âme résignée.
Fort comme une grappe isolée, j’ai un grain, de raisin et des champignons sur les pieds.
Des cèpes en sauce. Cep qu’il me reste encore pour palier à mes déceptions me rechausse.
J’accuse le silence d’être éhonté. J’ai les paroles de ma propre honte et je m’abonde en frondes sottes.
Qui s’y pique a oublié de s’y frotter !
Mon cœur est enragé et bave sur mes poumons. Je respire mal ici. Ma vie y est mal engagée.
J’ai souvent la dragée haute, mon histoire dépassée, mon thème n’a pas mis bas, pourtant au passé, je fus baptisé.
Pouêt pouêt !!! C’est la voiture du poète au volant, brûlant les feux rouges, s’oubliant sous la turlute adolescente !
J’ai froid. Et je frémis sous ma langue. Des langueurs sur mon temps. Mes heures m’alanguissent et je tente de fuir le désespoir.
Mes fruits préférés ? Les espoirs.
Je suis effrayé à l’idée des escarres.
Je m’en irai loin, mais pas seul, j’aurai toute une excursion assise dans le confort de mon car.
J’irai.
Je partirai d’ici après avoir choisi ma part d’orée.
J’ignorerai le pinceau des têtes d’œufs et leurs tartelettes dorées.
J’ai moi aussi mes humeurs en dents de scie. Rares sont les jours où je suis touché par la grâce.
Nous sommes des aigles mais ne volons pas comme des rapaces.
Pour vivre le nez en l’air, nous nous devons de l’espace.
J’ai ma haine plantée, comme un nez dans ma race !
J’ai le nez planté dans la haine et dans la crasse !
J’ai ma vie sans direction, mais simplement, la vie me devient une addiction.
J’aurai ma gloire sans mon père, et loin de ma mère, je rechignerai à m’asseoir sur sa misère.
La mer sera ma vieille sans chignon.
Des merveilles à ma vie j’accepterai le trait d’union.
J’espère.
L’insomnie du monde fera sourire mes veilles.
Soit, je serai beau un jour, en dormant.
Je lancerai des pierres à l’affront de mes réveils.
Je tancerai mes frères à coups d’éperon sur mes éveils.
La gloire m’ignore.
Ainsi mes soirées seront éternelles.


Cribas 2006