Boire ou mourir, il faut conduire sa vie. J’ai ma carcasse à l’état brut, dégagée dans ce monde.
Cyanosée pour une course sans départ, j’ai, depuis le début de mon hasard, l’âme bleue jet de cyan, une éternelle nausée.
Le napalm n’a jamais brûlé mon gosier, j’ai la gorge enfoncée, en relation directe avec l’indécence et la rage que je refoule au devant de ma boucle criarde.
Je suis l’être moyen, celui qu’on n’ose plus saisir par le regard.
Mes goûts statufiés par un solide passé, je suinte par vos égouts hagards, enfoncés, filtrant chacun des regards.
Bêtes à dénoncer !
Choir ou courir, il faut, un tant soit peu, choisir sa vie, son obéissance et son scandaleux chemin.
Moi, j’ai mes yeux pour unique vérité. Je vomis tous les jours à la même heure sans estomac fragile, dans le fossé.
Game over en doses infinitésimales depuis l’enfance.
Une overdose de mal puisée aux reniflements de mes larmes déposées, en vers de singe et d’oryx.
Je suis empli de colère. Mon vase déçoit, son rythme cependant, se perçoit au travers de la mémoire.
Je me tanne, je m’étouffe le soir. Il faudra plus d’une nuit entière à mes contemporains afin de me concevoir.
Un vase de Soissons ? Un vers saint, jet aux rixes ? Je fixerai mon langage pour l’éternité mais bien loin de moi…
Mon époque médiocre est faite d’apprentis, je suis en contrat de qualif…
J’ai planqué mon Khalife sous l’escalier, je déambule sous l’appentis.
J’ai perdu mon froc depuis longtemps, je fais bloc avec le mur que j’ai froissé à la fin de mes vingt ans.
Pâlir ou flétrir. Il faut punir son bon dos. Je n’ai pas d’elle, drivant mes yeux mi-clos.
Mes poumons ronflent sans faim, au départ de chacune de mes nuits…
Enfin, mes poux se mettent à causer de moi…L’urne me gonfle et je m’enfuis, y enfouissant ma douleur.
De mes larmes j’ai fait, vivant mon époque en dérision, une usine de salaison.
Mes armes je dépose, aux pieds de vos arpions. Et ça ne sent pas la rose.
Mes flammes sans l’essence des roses, je me fais pion ironisant la prose.
J’ai vécu trente ans sans faire une seule nuit.
Il est grand temps pour moi de découvrir ce qui nous rend la vue, dans l’enfer et la suie.
J’ai des miroirs pour les grands Sirs, voire ma mémoire à me farcir.
Il est grand temps pour moi, de recouvrir ce qui me pend en vie, sous terre, suspente de ma vrille.
J’avais déjà commandé une pâtisserie à mes pauvres amis. Mes ânes y versèrent un gâteau au Kiri. Mon époque est un fromage à pâte molle et sans goût salutaire .
Afin d’être à l’origine d’un gros bénéfice, j’ai fait promulgué deux trois épingles à la tête de ma boîte. J’ai ouvert une usine de pendaisons !!!

Vivre à mort ou conclure sa mort par une vie, il faut choisir.





Cribas 2006