De mon vivant, ma mort n'aura pas de parachute
Par Cribas le vendredi 19 mai 2006, 20:43 - Cribas 2006 - Lien permanent
Boire ou mourir, il faut conduire sa vie. J’ai ma carcasse à l’état brut, dégagée dans ce monde.
Cyanosée pour une course sans départ, j’ai, depuis le début de mon hasard, l’âme bleue jet de cyan, une éternelle nausée.
Le napalm n’a jamais brûlé mon gosier, j’ai la gorge enfoncée, en relation directe avec l’indécence et la rage que je refoule au devant de ma boucle criarde.
Je suis l’être moyen, celui qu’on n’ose plus saisir par le regard.
Mes goûts statufiés par un solide passé, je suinte par vos égouts hagards, enfoncés, filtrant chacun des regards.
Bêtes à dénoncer !
Choir ou courir, il faut, un tant soit peu, choisir sa vie, son obéissance et son scandaleux chemin.
Moi, j’ai mes yeux pour unique vérité. Je vomis tous les jours à la même heure sans estomac fragile, dans le fossé.
Game over en doses infinitésimales depuis l’enfance.
Une overdose de mal puisée aux reniflements de mes larmes déposées, en vers de singe et d’oryx.
Je suis empli de colère. Mon vase déçoit, son rythme cependant, se perçoit au travers de la mémoire.
Je me tanne, je m’étouffe le soir. Il faudra plus d’une nuit entière à mes contemporains afin de me concevoir.
Un vase de Soissons ? Un vers saint, jet aux rixes ? Je fixerai mon langage pour l’éternité mais bien loin de moi…
Mon époque médiocre est faite d’apprentis, je suis en contrat de qualif…
J’ai planqué mon Khalife sous l’escalier, je déambule sous l’appentis.
J’ai perdu mon froc depuis longtemps, je fais bloc avec le mur que j’ai froissé à la fin de mes vingt ans.
Pâlir ou flétrir. Il faut punir son bon dos. Je n’ai pas d’elle, drivant mes yeux mi-clos.
Mes poumons ronflent sans faim, au départ de chacune de mes nuits…
Enfin, mes poux se mettent à causer de moi…L’urne me gonfle et je m’enfuis, y enfouissant ma douleur.
De mes larmes j’ai fait, vivant mon époque en dérision, une usine de salaison.
Mes armes je dépose, aux pieds de vos arpions. Et ça ne sent pas la rose.
Mes flammes sans l’essence des roses, je me fais pion ironisant la prose.
J’ai vécu trente ans sans faire une seule nuit.
Il est grand temps pour moi de découvrir ce qui nous rend la vue, dans l’enfer et la suie.
J’ai des miroirs pour les grands Sirs, voire ma mémoire à me farcir.
Il est grand temps pour moi, de recouvrir ce qui me pend en vie, sous terre, suspente de ma vrille.
J’avais déjà commandé une pâtisserie à mes pauvres amis. Mes ânes y versèrent un gâteau au Kiri. Mon époque est un fromage à pâte molle et sans goût salutaire .
Afin d’être à l’origine d’un gros bénéfice, j’ai fait promulgué deux trois épingles à la tête de ma boîte. J’ai ouvert une usine de pendaisons !!!
Vivre à mort ou conclure sa mort par une vie, il faut choisir.

Cribas 2006


Commentaires
Réflexivité
Je me saisis de l’araignée et la dépose sur la table. J’observe, je l’observe qui va détallant jusqu’au moment où mon champs de vision ne puisse plus la voir. Elle continue son chemin, allant tisser une nouvelle toile, une nouvelle vie ... son histoire, celle qui ne pourra se dire.
Il fait nuit … là est mon histoire, l’endroit où je tisse sa toile. Il fait nuit … simplement nuit.
J’épuise ma raison, à défaut de m’épuiser. La fatigue, connaît plus beaucoup, elle me fuit. Je continue mon chemin, enfin je crois.
J‘allume une cigarette. Beaucoup diront automatisme, je dis mort lente, conscient de la finalité de ce geste. Je sculpte ma fin, à ma manière…
Je devine mes yeux pensifs, aguerris à l’inutilité de la réflexion. Je souris à cette idée et pourtant…
J’aspire une bonne dose de nicotine que je fais passer avec un whisky. Les heures défilent lentement et bien trop vite. Relative perception du temps … Mais pas pour mon corps.
Je redoute le moment où il faudra dormir. Dormir, ce mot me fait frémir. Ce n’est pas l’idée en elle-même qui m’effraie, mais celle du réveil avec ces courbatures et le reste de crampes survenues dans mon sommeil. Je n’ose imaginer ce à quoi je « rêve ». Mes « rêves », je ne les connaît pas, juste ces impressions aux matins de fatigues physiques, de sentiments de violents combats.
Un nouveau whisky, une nouvelle cigarette … L’œsophage me brûle.
Je continue mon chemin…
Mes amitiés mon ami
Je ne suis pas au top. Je lis de moins en moins. Je ne vais plus vraiment ssur les blogs. Phase apnée. Je m'y remettais ce soir, un peu. Le prends pas mal?. Je suis comme ca. Surtout quand ca va pas.
Mes amitiés...Mais la cigarette et le whiskey sont devenus trop lents pour moi...Je n'ai rien à faire ici...Je n'ai pas à résister plus longtemps...Je tisse ma corde, à défaut de croire que prisonnier, je puisse tisser la moindre toile...C'est une histoire de quelques mois..Pourquoi?? Parce que la mort ne se délivre pas encore sur ordonnance...Quelques mois!!! Je vais trouver ma solution...
Merci à toi cependant, ami poète Valae.
Je ne prends jamais rien "mal" hell...
Je prends simplement les choses comme elles se présentent à moi...
Ne sois pas inquiète, je vois clair, c'est ainsi...
tu avais retrouvé le gout. il reviendra. peut etre. ne le parjure pas. ne le condamne pas.
non. tu ne peux pas voir. tu as mal. et ca trouble les visions.
Une image, un titre, un texte traitant de l'agonie et que tu achèves par ces mots "Vivre à mort ou conclure sa mort par une vie, il faut choisir." Tu ris de la mort comme tu te joues de la vie.
Je pense le contraire tu devrais le savoir...Aller bien avec son temps, c'est avoir la vision, heureusement troublée...Etre heureux, heureusement, je m'en passe dans mon existence...Le malheur fait mal, certes, mais le malheur est sublime, il est le point de départ de l'âme...
Il peut être un point de rupture. Le tout est de ne pas trop y prendre goût ni se laisser envoûter. La douleur est mensonère quelque fois.
Ouvre grand tes yeux. Evite les cordes et autres objets du genre.
Les objets contendants? Parmi l'objet humain con, tendant à l'être? J'ai perdu mes peurs à ce sujet...Mieux même, j'en retirerai presque une fierté, si je ne préférai pas, par conscience, me tenir à l'écart de la moindre fierté aveuglément "humaine" par définition...
Moi, j'ai choisi depuis longtemps de partir jeune et brutalement, en plein croquage de vie à pleines dents. Alors oui : ça s'prépare.
Mais les choses ne se passent pas forcément comme on le prévoit...
Il y a une erreur dans ce texte il me semble...Une erreur historique. Le vase de soissons??? C'est Clovis.
Pas Vercingétorix.
Pour autant, je ne dépose pas encore mes armes...
;-)
:)
Oui, je me suis souvenu aussi que tu avais eu un doute...
;-)