Les paumes sur les joues, les yeux pointés du bout des doigts, les coudes tout près de mes genoux, je m’en vais dans le noir et l’angoisse.

 

J’ai le ventre indigeste qui marmonne en me narguant de ses questions trop lourdes pour une bête à enfermer.

 

Je m’enferme au creux de mes deux mains.

 

Pour chacune de mes questions, chaque année, au lieu d’y répondre y a ajouté un point d’interrogation.

 

Parfois je ne me fuis que d’une seule main, la paume droite sur le front.

 

Recroquevillé sur mon désespoir je me fais le plus mauvais effet, mais qu’importe l’image, du moment qu’on ait l’ivresse.

 

Quelques secondes d’oubli, et la réalité survient de plus belle, plus galopante que jamais.

 

Malheureusement, ces quelques secondes reprennent toujours à la volée mon envie soudaine de ne plus respecter ma vie.

 

Le suicide est la seule solution, mais la vie est si bien faite qu’elle envisage plus facilement l’autodestruction à long terme.

 

On devra se regarder en face plutôt que mourir à l’aveuglette.

 

C’est étrange pourtant, car j’ai le sentiment de m’être vu des milliers de fois pendre au beau milieu de nulle part, saigner de ma tête sur une banquette anodine, vidanger une baignoire, noyer ma folie au fil de l’eau sous un pont.

 

La paume des mains serait-elle la lueur descendue du ciel à la traversée des nuages jusqu’en chaque homme ?

 

Quelle que soit la couleur de peau, les paumes sont toujours une cachette plus sûre et plus claire.

 

Prenons-nous par la paume, on aura bien le temps de mourir un autre jour !

 

 

 

Cribas 20.01.2007