Gentil garçon toujours intelligent comme tes parents, tu as enfin décroché ton diplôme. C’est beau, ça brille plus encore que ton regard myope, un beau et grand diplôme.

Maintenant ça y est, tu as le droit d’être reconnu avec ta tête de con !

Toutes les femmes se masturbent devant toi. Tu as bien fait d’attendre d’avoir 25 ans. 17 ans ce n’est pas un âge pour commencer à jouir alors qu’on a le destin d’être la lente sur la grosse tête à papa et maman.

Tu es gentil ! Tu as ton diplôme, saligaud !

Tu vas pouvoir saloper le monde, comme ta maman !

Tu es si pur depuis si longtemps que tu ne sauras jamais que ton destin c’est d’abord d’être une ordure. Une ordure de premier rang c’est ce qui compte.

Alors tu fêteras tes ingéniosités au labo, lorsque de formule en formule tu seras enfin le roi des nouvelles bombes !

T’es génial !

Tu trafiqueras proprement toi au moins, l’opium des grands groupes pharmaceutiques !

Tu seras à l’origine du design des belles Citroën de ton époque, et comme tu es, tu n’auras de cesse d’apprendre à dire haut et fort que tu es d’une race qui tient la route.

Tu as réussi ta vie et c’est grâce à ton travail et c’est tout !

D’autres ont tout foiré leur égalité des chances, mécréants qu’ils sont, depuis si longtemps à suivre leur instinct de médiocrité !

J’avais dix ans je crois lorsque tu as Champagné ton diplôme de guerre en te prenant enfin au jeu de ta survivance.

J’avais déjà ma haine pour toi, que je plaçais d’une balle précise dans ta tête, avec l’ironie de mes survival games !

Tu as gagné sur moi avec mieux que des corn-flakes glacés tous les matins !

Je n’oublie pas qui tu es lorsque mon bleu au cœur.

Tes journées ordonnent la galère de mes mains dans la merde devant tes tasses de café dans le salon chauffé des DRH tout sourire.

Tu as de la chance, en général c’est acceptable !

Tu n’as pas de chance, je suis un psychopathe !

 

 

Comme j’avais tout perdu,

Ma vie et même Dieu,

Je suis redevenu

L’incitation au pieu.

 

Comme tu aimes ta vie

Je déteste la mienne.

Je suis Caïn et l’envie

De supprimer la tienne

 

Un jour je tuerai toute ta place publique, pour vivre pendant une minute au moins la mienne, survoltée à tes mauvais penchants.

Tu es de plus en plus fier de tes belles manières !

Moi j’ai de moins en moins honte de n’avoir plus aucune prière à faire !

J’ai tout perdu et tu gagnes encore !

Je suis un animal perdu avec un flingue dans une main, dans l’autre ma petite cuillère afin de goûter à ta cervelle dégoulinante.

Mais si tu me le demandes je saurai te faire honneur, et le jour où je te tuerai je me servirai de la cuiller entre tes dents. Je l’essuierai avec ma langue ignorée :

 

 

N’ayez pas peur mais ayez craintes

Messieurs charmantes demoiselles.

Je montre vos vies, en mes pintes

Je peins vos plinthes, vos escarcelles.

 

J’ai choisi la poésie afin de saccager

Vos rumeurs, votre culture citadelle.

Ni roi, ni reine, je vais sûr et rebelle

Sur le monde qui ne m’a pas engagé.

 

Je mangerai des croûtes de pain

Mais jamais jusqu’à plus soif.

Un jour, foutu sur mon destin,

Je rendrai mes comptes à la poisse.

 

Creusant les volcans, j’intenterai la lave

De ma dernière incantation.

On se pourlèchera la mine de ma bave

Et j’aurai la mort sur mon bastion.

 

Ni poésies ni proses

Je suis l’homme à cause.

On pleure ma nécrose

En insultant mes névroses.


Le psychopathe





Cribas 26.01.2007