Tremble avec moi, petite métamorphose! (J.I 42)
Par Cribas le vendredi 2 février 2007, 21:21 - Cribas 2007 - Lien permanent
Pendant l’auto métamorphose de mon ombre j’ai senti une lumière qui me
pointait à la loupe, comme un index appuyé de tout son ongle sur mon
front.
Sous une cicatrice ancienne, j’avais la douleur fine, jouissive et secrète, d’une aiguille peinant alors à quitter le cocon de ma vie de mensonges.
J’ai secoué la tête, espérant effacer ce point noir.
J’ai rencontré, en cette occasion, l’écho du vide pour la première fois.
Jusqu’à treize ans, je secouais chaque nuit ma tête dans tous les sens du rêve.
Déjà fagoté par mon ego, je devais trouver cela moins intimiste que la pisse retrouvée chaque matin sur le dessus de l’alaise infligée à ma sœur.
J’ai toujours été à l’étroit dans l’habillage de mon existence illicite. Dès le plus jeune âge, je me donnais l’impression de scarifier mon pyjama sous la couverture, en le baissant sur mes genoux afin d’atteindre l’orgasme de la pollution nocturne le plus rapidement possible.
J’ai découvert que j’étais un être sexué à 6 ans je masturbais déjà ma vie.
J’étais Capitaine Flam, car Goldorak manquait de sensibilité, dans le fond.
Une nuit, alors que je m’étais endormi enfin, j’ai vu un moineau qui me narguait sur une pile de livres. Il était passé par la fenêtre fermée de ma chambre, c’est pour cela que j’étais effrayé. J’ai hurlé comme un cauchemar d’enfant surpris en pleine nuit.
J’ai réveillé toute la maison cauchemardesque, car ma stupeur était plus importante que le sommeil de la cheminée braisée. J’ai pris deux baffes.
Tout est bon dans cette cochonnerie de vie, madame, lorsqu’il s’agit de trucider l’enfance afin qu’elle raisonne comme un adulte enfin naufragé.
J’avais ma tête vide qui résonnait sur mes deux joues rouges.
Ce jour là, j’ai appris la honte.
Pendant l’auto métamorphose de mon ombre, j’ai rencontré sans faire le décompte de mes angoisses, l’art perdu qui enveloppait de papier calque le monde des adultes. Sans devenir un être cher je suis devenu plus fort que moi.
J’ai appris à me masturber seul, de haut en bas.
Je bande en secret donc je pense tout bas.
Je pense donc je suis un secret.
A six ans, je n’avais rien à essuyer mis à part quelques coups de bambou. Je n’étais pas un enfant battu à proprement parler. Non ! Je ne parlais pas. Les enfants c’était interdit alors ça ne disait rien !
Tu vas te taire causette !
L’existence a fait de moi une pure fiction.
J’ai choppé les reins solides. Avec un peu de drogues déshydratantes, j’ai mélangé la valse des oiseaux de nuit au tintement de la prose.
J’ai bien bouffé ma vie, comme on la déguste pour faire semblant de ne pas être un morfale lorsque c’est bon le menu. J’ai effacé jour après jour, les croix pendues au défilé des calendriers. Pas un jour sans l’espoir du renouveau, jusqu’aux 31 décembre, nuit après nuit.
J’aime bien ma restauration. J’aime bien qu’on invite ma dignité d’homme à parcourir sa cave de toute une vie. J’aime jouir par la bouche et par le goût. J’aime qu’on me remplisse l’estomac de sa propre qualité avec un sourire complice. J’aime éjaculer sur le ventre de ma maîtresse lorsque je sais que c’est ce qui la poussera à jouir le week-end prochain.
J’aime souffrir d’être en vie. J’aime mon allumette à deux bouts rouges.
J’aime ceux qui plongent avec moi dans l’amer du soufre.
J’aime la charcuterie. J’aime les lentilles, et le regard d’une femme qui m’idéalise et qui sait se mentir un instant avec moi.
J’ai des clous dans les yeux, heureusement mes cils !
J’ai le clou de ma vie, froncé sur mes sourcils !
J’ai découvert à six ans sans me faire trop de bile, que j’étais un être sexué.
J’ai parfois dû passer l’éponge, frondé par les imbéciles
J’ai sniffé quelques rails de subjectivité accentuée par l’abîme.
J’ai choppé l’étreinte solide
Avec la force d’aligner ma vie.
J’attends avec mes pas vides
Le sens ridé de la folie.
J’ai poché, sur ma gueule à coup d’alcool et de rimes,
Les cernes de ma vie.
J’attends d’empocher sur un coup de gueule ma frime,
Et un drap propre pour l’ennui.
Sinon j’aime bien m’éteindre,
J’aime bien entendre
Des poèmes ainsi que pour peindre
Tout ce qui m’empêche d’être tendre.
A six ans,
J’avais le monde en quarantaine.
Aujourd’hui j’ai la trentaine
Et j’accuse mes dix ans.
J’aime bien ma restauration. J’aime bien ma dignité d’homme. J’aime parcourir sa cave en éjaculant sur le ventre de ma maîtresse.
J’aime ma vie à ras la gorge.
Je ne le bois jamais bouchonné
Mon flacon Nuits St Georges !
Je crèverai comme un pied de nez !
J’aime bien ma restauration,
J’aime bien ma dignité d’amour !
J’aime bien crever comme un con
Sous mes lunettes au pied de la tour !
A trente ans j’avais encore dix ans,
Le monde en quarantaine !
De nos jours moi j’ai encore six ans
Et les sabots de ma trentaine !
Cribas 02.01.2007


Commentaires
"J’aime souffrir d’être en vie." Cette phrase résume tout. Mais le reste devait être écrit.
"A six ans,
J’avais le monde en quarantaine.
Aujourd’hui j’ai la trentaine
Et j’accuse mes dix ans."
Merci de nous aider à grandir ....même si c'est souvent douloureux...ça reste bénéfique !
Tu avais raison...c'est un "comme je les aime" ;)
J'aime ;)
il parait qu'il y a des gens qui ont plus de la trentaine, et même plus que la quarantaine!!! c'est fou, non?
non, je disais ça comme ça.......... ;)
Cette parole d'enfant interdit , brave les tabous comme une "causette" qui n'aurait pas les deux pieds dans le même sabot !....A consommer sans le bouchon et sans modération....