Musique empruntée à  Nicolas Paganini



Je n’ai plus jamais avalé, seigneur, une seule miette de ton corps sacré.

Me  voilà ton fils, à préférer le goût de ton sang dans ma bouche.

Ce n’est pas de la méchanceté dont mes lèvres se dégoûtent, non, c’est du mensonge, ta  vérité.

Est il encore utile de s’adresser à toi ? De se délecter de cet amour dont tu es le seul à ne rien partager ?

Dans les saintes écritures, je lis un peu de tout. Je m’abreuve avec de plus en plus de mal au fourmillement incessant des contradictions, et même, des sottises allant bon train mal page.

Heureusement que tu ne sais ni parler, ni écrire, sinon je ne t’adresserais plus la parole.

Seigneur, tu es dans le rouge. Il faudrait recycler jusqu’à tes feuilles les plus souples.

Peut-être qu’avec une campagne de pub dernier cri..?

Il y a de l’échec dans l’air. De la mauvaise attitude générale !

Je ne cherche pas les fautes, ni la première mauvaise direction. Mais tout de même, serait-ce définitivement trop te demander qu’un petit signe ? Je ne sais pas moi, une étoile filante avec ton nom écrit dessus, un nuage transparent dans un ciel gris, un texte magnifiquement écrit en écriture automatique, une bière de fond de cuve avec un petit goût de champagne, une montagne de chocolat suisse avec tes enfants heureux d’en avoir jusqu’au cou ?

Je ne sais pas mais…Faut faire quelque chose maintenant !!!


Le monde a déjà renié la  vapeur, et toi, tu ignores encore la poussée d’Archimède !

Ce ne sont pas les sauterelles que je redoute, non, ce sont les champignons sur rue nucléaire.

Dis, seigneur, dessine-moi un bouton  vert…



J’aurai trente trois ans cette année. Et je vois bien, une fois de plus, que tu vas t’entêter à rester muet comme la cire figée d’une bougie à l’abandon.

J’ai envie de déchirer toutes les pages sacrées du monde. Au concours annuel de force brute, je présenterai une bible au lieu d’un annuaire. De toute façon, dans ces deux  volumes ton adresse est fictive.


Je ne  vais pas m’attarder, étant donné que tu es muet, toujours, comme une carpe blême.

Carpe diem.


Je  voulais quand même, te faire savoir ma principale angoisse. Pourrais-tu au moins me répondre sur un point de détail non négligeable ?


Puisque tu ne m’aimes pas, puis-je au moins garder l’espoir que Satan existe ? Et qu’il m’accueille et qu’il me déteste ?


Tu peux me répondre demain si tu veux, mais dans mon sommeil, parce que je ne serai pas d’humeur à faire la queue à la poste. Demain c’est jour de grève.


Oui seigneur, il y a des mécontents ici !


T’es  vraiment trop naïf comme seigneur. Franchement, tu me fatigues !


Je  voulais te proposer un royaume, mais toi, tu n’imposes que le tien.


Je n’ai plus jamais avalé, seigneur, une seule miette de ton corps sacré.

Me  voilà ton fils, à préférer le goût de ton sang dans ma bouche.

Ce n’est pas de la méchanceté dont mes lèvres se dégoûtent, non, c’est du mensonge, ta  vérité.

Est-il encore utile de s’adresser à toi ? De se délecter de cet amour que tu es le seul à dénoncer sans un mot ?



Cribas 01.04.2007