Mue est comme une tombe
Par Cribas le mardi 29 mai 2007, 21:17 - Cribas 2007 - Lien permanent
Le lâcher prise ils me disaient, en s’adressant directement à mes démons, les
anges métamorphosés.
Le lâcher de ballons je
répondais, comme pour leur donner raison.
Étrangement, être en phase avec son courant, c’est lâcher prise.
Dire que depuis si longtemps je pédalais sur mes éoliennes à toute berzingue, et encore, en imaginant que je résistais solidement, contre vents et ma raie coupée en quatre chevaux la crinière haute, en m’écartelant.
On peut tout dire, et finalement n’importe comment, on finit toujours par exprimer les mêmes tourments, les mêmes hydres de notre sentiment d’unicité.
Je n’ai pas pris le temps de sourire durant tout s’étend et tant. Sourire est un verbe de transmission, sinon, sourire, ça s’apprend dans la lutte et l’acharnement.
L’hérédité est un regard plein d’avenir, à la condition expresse de lui crever les yeux pendant la durée d’un instant précis et prémonitoire.
On peut toujours attendre le grand soir, c’est souvent au petit déj, lors d’un de ces fameux quatre matins, que la lune prend forme en s’éclipsant en fins.
Le soleil tout à coup.
Des lumières plein la gueule ! A votre bon choeur messieurs d’âme…
Il faudra aussi écouter les femmes, et pas seulement planter ses lèvres dans celles qui leur appartiennent et se laissent aller à devenir moins muettes.
Mes mains ont aussi la parole.
Le lâcher prise ils me disaient, et j’adressais de plus en plus souvent à leur
victoire sordide ma résistance la plus récente.
Mes aïeux, faudra me voir mort pour le croire !
Mais ailleurs, ce sera aussi ce nouveau dortoir mortuaire que j’invente !
Le langage n’a pas su me reformuler, alors je ne parle plus…
J’édicte de nouvelles règles en laissant la parole aux vieilloteurs de sa
rengaine !
Je n’ai pas honte d’être l’ami privilégié du silence !
Je désordonne et je dérange…
Depuis des lustres déjà, je me prévois comme l’ampoule qu’on aura du mal à remplacer sans un pincement écoeuré sur la mèche d’une bougie éternelle…
Le lâche est prisé, ils me disaient…
Leurs mains tremblantes semblaient avisées.
Je vis en étant totalement dépassé…
Mais je sais que demain, le futur n’aura plus aucune importance.
L’homme sera ainsi éviscéré
Et c’est avec sa mort ou avec sa verve
Qu’il entrera dans son royaume unifié…
Une cérémonie d’adieu devant un monticule de parterres à l’air
libre…
Cribas
29.05.2007


Commentaires
L'appeler..? Appeler qui?
"l'ami privilégié du silence"
C'est parfois tellement bon d'être dérangé ;)