Le chant du canard propulsé sur la piste (Poésiphonie)
Par Cribas le mardi 25 septembre 2007, 15:10 - POESIPHONIES - Lien permanent
Texte écrit et dit par Cribas.
Toutes les versions audio de la catégorie
« Poésiphonie » sont disponibles à l’écoute en annexe du billet.
(Voir bas de page, avant les commentaires.)
(Musique extraite d'un titre de "Pink Floyd", décomposée par
Cribas)
Parce que déjà, je suis usé plus que jamais. Parce que toujours, je
n’ai été que ma propre rencontre effarée.
On ne chasse pas ses démons, on les élimine.
Mes démons sont élimés, mais depuis toujours sont déjà là.
On n’écrit pas sur ses démons, on les efface.
On ne crie pas devant son miroir, on se fait face.
Et pourtant…
Nos yeux sanglants n’ont pas de temps à perdre, ni d’origines dont se repaître, dans le fond.
L’image renvoyée est une circonstance atténuante, mais à ternir.
A partir de maintenant.
C’est bien beau le soleil et toutes ces conneries
J’ai des nuages en ribambelles
Qui ne demandent qu’à évanouir l’ombre de la folie.
Depuis avant-hier.
Lorsqu’il faisait à peu de chose près, beau comme une naissance.
On ne vole pas son âme,
Demain elle sera numériquement signée
Et le cœur, comme dans les gares,
Équipé de postillon magnétique.
On ne crache pas sur son âme
Ni sur celle de l’autre,
C’est sanctionné par un long bip
Qui attire le regard des cœurs serrés.
Parce que jamais, je n’ai déjà été plus usé que pour toujours,
Ma propre rencontre est fardée
Du carnaval oublié de l’imaginaire,
Ainsi tous mes souvenirs sont lardés
De la grisaille et des fausses gouaches.
On ne hurle pas sur le dément, on le terrasse.
Des marches mécaniques
Tout au long des années
Qui ne rassemblent mais se suivent
Parce que nos sommes usées.
Tout au long des armées
Qui se réinsèrent insidieusement
J’ai des incidences cérébrales
Sur mon cœur de plus en plus fané.
Parce que déjà, je suis usé
depuis toujours, par ma propre rencontre effarée.
Cribas 25.09.2007


Commentaires
La musique change un peu de style... Mais combien c'est toujours un plaisir de retrouver la poésiphonie, mais combien j'apprécie le montage... Tes lignes en tous cas ne s'usent pas.
C'est bizarre, je commence toujours par lire le texte, ensuite je l'écoute ... je ne ressens pas toujours les mêmes émotions.
Tu fais certainement mieux communiquer ce que tu as voulu écrire en le lisant.
Je comprends tout à fait ce décalage dans la perception Pkdille. Je ne sais pas ce qui se rapproche le plus de ce que j'ai voulu exprimer, le texte, le texte dit ou bien le texte dit sur la musique. Lorsque j'écris je me relis toujours à voix haute plusieurs fois, c'est peut-être une piste.
J'ai passé une heure sur ce texte. Plus de trois sur la musique afin d'obtenir quelque chose qui y ressemblait, ensuite j'ai procédé au montage.
Est-ce qu'au bout compte le résultat est ce que je voulais obtenir? Je ne le pense pas, même si je ne suis pas déçu.
Et puis tu le sais, pour l'avoir dit plusieurs fois, chacun est libre de son interprétation.
Sinon Pkdille, je te remercie de prendre le temps de lire avant d'écouter.
Ben moi je lis d'abord puis je relis en écoutant ou j'écoute en relisant...et des fois je laisse même un comm........moi...
:)
Le chant du vilain petit canard comme un chant du cygne noir....
"musique décomposée par" ;-)avec quelle maestria encore...Et ta volonté de cohérence atteint la cible en plein coeur...même si ce n'est pas tout à fait le mille que tu voulais : l'effarement du lecteur ! Car il est toujours effarant d'être surpris en pleine empathie !
"usé depuis toujours , par ma propre rencontre effarée"
Je ne dis rien mais j'en pense... Avec ou sans la voix ... La voix me trouble alors je relis mais j'ai envie de réentendre la voix...
J'aime bien venir, lire et écouter.
"Et le coeur comme dans les gares..." Le mien y est souvent serré, si fort qu'il pourrait en exploser.
Et... Ceux qui nous aiment prendront le train.
Un goût amer.
Juste le texte.
Pas envie de son, de mélodie, pour l'instant. Plus tard sans aucun doute. Mais ingérer, digérer d'abord. Les mots. Les images.
Bonsoir
je reste médusé. C'est ma première écoute et j'admire tout, le son de la voix, la musique "décomposée" et... le texte. Franchement, sans flagornerie aucune, admirable travail et belle inspiration.
Au diable nos varices!!! J'accepte même la flagornerie...mais je préfère les compliments bien entendu.
Merci Rony.
(Je me suis bien amusé sur votre blog. Content que vous l'ayez pris avec humour. Merci.)
(Si vous avez aimé, cliquez sur la catégorie "Poésiphonie".)
On n'aime pas un texte comme celui-là ...on s'en régale boulimiquement à en avoir toujours plus soif ;)