L'art vache et le prisonnier
Par Cribas le samedi 22 décembre 2007, 18:16 - Cribas 2007 - Lien permanent
La fosse modestie est emplie du purin de ma jeunesse. J’ai vieilli un peu
durant ma dernière guerre roide et reine des cons où j’ai repoussé du nez
l’équarrissage, involontaire mais obligatoire, du conditionnement
humain.
Je suis aujourd’hui à plat mais bien préparé.
Je vais pouvoir en faire des tonnes, et avec un peu d’idéologie je monterai une société qui revend du compost en métronome des jardins fluviaux.
Il pleut dans le caniveau comme il est vil sûrement dans mon cœur, le petit bonhomme qui s’habitue à vivre par temps de symphonie.
La musique est écrite pour oublier le silence.
Dis, désigne moi mon urgence !
L’art fausse la modestie.
On est rarement ce qu’on entend paître de soi. Je crois que je me suis fait à l’idée d’en n’avoir rien à péter au plus haut des rumeurs.
Sournoise,
Ma folie des labeurs.
Et des laveurs de vitres, j’en connais
plein vos mouchoirs.
On est souvent ce qu’on n’entend paître de soi.
Heureusement le rêve, celui qui nous endort, sous une couette où la vinasse ressemble en peu à peu à une baignoire de Champagne.
Les poubelles sont serties de capsules, ou de diamantaires débiles sortis tout droit de chez Channel.
Méfiant et musicien de mes larmes, je suis mon propre organiste de contrôle.
Je suis un passeur du temps solitaire et de l’amour en face.
Je ne prends pas cher lorsqu’on me paye en miroirs blessés.
Sept ans de crédit, c’est mieux qu’un Satan sans s’attendre à se pousser au crime.
Dernière injonction :
Vivre acide, ou comme fonction exagérément subliminale de
la lucidité.
Cribas le 22.12.2007


Commentaires
"Il pleut dans le caniveau comme il est vil sûrement dans mon cœur"
...quelle est cette langueur...
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
Paul VERLAINE
Peut être faut il deux mètres d'âme ou de courage ou de lucidité pour oser aller au fond de la poubelle...mais bon ..commençons par le dessus et à chaque jour suffit ses détritus ..en espérant qu'ils ne s'amoncellent pas plus vite qu'on ne les fouillera ;)