Ils sont tous partis en printemps

Parfois en vacances

Et moi en silence

On me croit amoureux d’une autre.

Comme si je pouvais

Me réduire à leur néant

Me réjouir seul qui se vautre.

Chaque année

L’amour tarde un peu plus

Me montre la nuit

Et me monte au nez

La mayonnaise du monde

Ne me prend pas.

M’écœurent ainsi

Les amants les âmes fermées.

Fermer derrière soi l’été

Une dernière fois

La grille est grillée.

Le monde se passera de toi

De ton horreur.

A jamais, l’hiver qui ouvre ses portes

Joue du nombril

Et des pieds à la culotte

Le syndrome dans les godasses.

Poète écartelé

Du monde

J’ai peu choisi le métier

Ni la table au micro ondes

Où la vitesse de l’amour

N’a que l’âge des niais.

Rapide.

Courir en biais toujours

Sur deux rides

Et sourire hypocrite

A la ficelle de la patrie

De la commune mesurée

Au rythme de l’effondrement

De la baraque à frites.

Funambule je fais la loi

Dans le ciel écrasé

Des rhumes de foin

Car à part respirer du groin

Une fois l’année

Je m’encourage à fêter,

A souhaiter, que dis-je ?

A digérer les queues d’halles

De mes compassionnés.

J’ai été spolié d’enfance

Environ depuis mille siècles

Mais j’en fais mon affaire

Depuis l’amour à la guerre

Avale de la grenade

C’est exotique

La haine c’est mon carnage

C’est mon tic

C’est ma révolution de printemps

Ma défaite en courage

Et ma douleur toutes dents

Dehors

Parmi les chiens

Et les canines.

 

 

 

Cribas 01.05.2008