33 octobres rouge et noir pour un dernier hiver de gris (Poésiphonie de haut vol jetée par des pies)
Par Cribas le jeudi 1 mai 2008, 22:21 - POESIPHONIES - Lien permanent
Texte écrit et dit par Cribas.
Toutes
les versions audio de la catégorie « Poésiphonie » sont disponibles à
l’écoute en annexe du billet. (Voir bas de page, avant les commentaires.)
Ils sont tous partis en printemps
Parfois en vacances
Et moi en silence
On me croit amoureux d’une autre.
Comme si je pouvais
Me réduire à leur néant
Me réjouir seul qui se vautre.
Chaque année
L’amour tarde un peu plus
Me montre la nuit
Et me monte au nez
La mayonnaise du monde
Ne me prend pas.
M’écœurent ainsi
Les amants les âmes fermées.
Fermer derrière soi l’été
Une dernière fois
La grille est grillée.
Le monde se passera de toi
De ton horreur.
A jamais, l’hiver qui ouvre ses portes
Joue du nombril
Et des pieds à la culotte
Le syndrome dans les godasses.
Poète écartelé
Du monde
J’ai peu choisi le métier
Ni la table au micro ondes
Où la vitesse de l’amour
N’a que l’âge des niais.
Rapide.
Courir en biais toujours
Sur deux rides
Et sourire hypocrite
A la ficelle de la patrie
De la commune mesurée
Au rythme de l’effondrement
De la baraque à frites.
Funambule je fais la loi
Dans le ciel écrasé
Des rhumes de foin
Car à part respirer du groin
Une fois l’année
Je m’encourage à fêter,
A souhaiter, que dis-je ?
A digérer les queues d’halles
De mes compassionnés.
J’ai été spolié d’enfance
Environ depuis mille siècles
Mais j’en fais mon affaire
Depuis l’amour à la guerre
Avale de la grenade
C’est exotique
La haine c’est mon carnage
C’est mon tic
C’est ma révolution de printemps
Ma défaite en courage
Et ma douleur toutes dents
Dehors
Parmi les chiens
Et les canines.
Cribas 01.05.2008


Commentaires
L'étau de la conscience...
... très belles lignes.
Quand les sentiers d'ici bahh , les enlisés les embourbés , tentation de partir en live , suivre le poète écartelé du monde ...c'est où dis la vraie vie ? celle où l'on peut aller par quatre chemins en avalant de la grenade ?
Se secouer les frissons , se rajuster le corps sage et bien refermer la grille de la translucidité ...une mayonnaise à révolutionner , ce soir des compassionnés à ma table ... dieu que la vie est bol ....
La musique des mots, la musique et les mots, un concerto bien orchestré!
Sont tous partis en vie et les siècles à venir
S'explosera les dents sur les caniveaux
Les échos de la folie et de la détresse
Bon travail! C'est de qui la musique?
De Daniel BALAVOINE. Ici, un lien pour ta moisson.
Ah OK, je ne la connaissais pas celle-là :)
La version échographique me laisse dans le vertige, à écouter "avec modération" pour les âmes sanscibles.
Très belle composition ... Une musique de fond qui interdit au sleil d'être strident et qui fait aimer toutes les nuances de l'ombre ...