Surtout ne pas être présent pour ses amis, plus qu’il ne le faut. Ne pas idéaliser l’amitié. Vivre loin. Aller ver la mort en restant calme, et surtout, en laissant crever les autres comme ils l’entendent.

La dépression n’est pas un besoin objectif, de l’autre. D’ailleurs tout besoin de l’autre n’est pas objectif.

On peut avoir besoin d’argent, en soutirer à ses amis, par objectivité sur sa propre situation. Mais c’est aussi, si on y prend bien garde, la principale objection de l’amitié.

L’amitié n’est pas une histoire d’argent, ni une histoire de sexe. L’amitié donc, en toute objectivité, n’existe pas.

Surtout ne pas être présent pour ses amours, plus qu’il ne le faut. Ne pas miter l’amour. Vivre seul avec juste un peu d’amour de temps à autre. Aller ver la mort en ne regrettant rien, ni même l’amour.

Faire de sa vie une solitude tout à fait acceptable, et surtout, tout à fait acceptée.

Ne pas assister outre mesure, sa famille, même intellectuelle. Délaisser, c’est être un peu là, sans plus. Accepter de laisser, sourire à la paix d’être aussi soi-même un laisser pour compte.

Tenir ses contes à distance respectable.

Le besoin de contes n’est pas objectif.

Rêveur fait avancer le monde.

Connerie ! Rêveur un pas c’est tout !

Lire des livres sur l’interprétation des rêves avant de rêver, et ceci dans le but de faire les bons rêves.

Noter ses rêves au réveil, puis les recopier le soir avant de s’endormir en arrangeant un peu la réalité des rêves de la nuit dernière, et ceci dans le but d’en garder un meilleur souvenir, ou d’en faire un livre.

Jeter les brouillons du cahier des rêves. Tenir un journal de rêves propres à la consommation future de la mémoire écrite.

Surtout, s’absenter du monde le plus souvent possible. Comprendre le monde.

Zigzaguer sans attitude rebelle. Ne pas zigzaguer pour le zigzag. Zigzaguer pour l’ivresse, et non l’ivresse pour le zigzag.

Annoncer qu’on ne sait rien, qu’on n’apprend rien et surtout, y croire très fort en s’embrassant un peu le regard dans un miroir quand la nuit tombe, tombe vraiment sur l’âme le corps et l’esprit.

Très important : Ne pas devenir insomniaque si on n’en a pas envie.

L’insomnie n’est objective que pour l’observation des étoiles, et surtout pour les petites croix vertes se reflétant dans le ciel, pendant la nuit.

Les petits génies sont des insomniaques de laboratoire qui se sont lassés d’arpenter les égouts.

Refuser de devenir fou même si c’est enfin devenu à la mode.

S’endormir quand on en a envie. Ne pas oublier de se réveiller pour aller au boulot.

Ne jamais écrire un poème qui n’est pas un rêve.

Noter ses poèmes.

Apprendre l’incorrection et surtout, en même temps que l’apprentissage de la correction, et ceci dans le but de se corriger et d’avoir l’air un peu correct le moment venu.

La correction c’est nul. Avoir quinze ans toute sa vie c’est pire que de l’incorrection, c’est un pessimisme de laissé pour compte.

Accepter d’être un laissé pour compte, c’est avoir bien plus que ses quinze ans.

Surtout ne pas philosopher, à moins d’avoir quinze ans. Mais ça dépend de quel rire !

Ne pas se laisser initier au néant, à moins que l’âge et le mal dedans ne s’aguerrissent toujours pas plus au contact de la clarté des couronnés par chabada bada…

Ne pas se laisser anéantir par les initiés au bonheur.

Ne pas être un bon père, une bonne mère, qui tous deux conseillent de bons films, de bonnes lectures.

Ne pas chopper l’autre par la cravate afin de lui nouer son propre manque d’oxygène autour des coups.

Nœud papillon.

Ne pas plier.

N’eux peuple y est !

Ne pas s’enfer les autres, sans faire toi-même !

Etre un ami…

Le temps dégrossit

Ne pas en faire des tonnes.

 

 

Correct, mais incorrigible !

 

 

 

Cribas 13.05.2008