Une fois atteint le but de son propre raisonnement, s’étale la possibilité unique de s’y contraindre, et cela même si c’est dans la déchirure.

Circulez, plus rien à voir !

Avoir la possibilité de souffrir moralement de sa condition d’esthète raté c’est déjà un privilège. Et c’est donc une honte.

Avoir tenté le diable avec tant d’assurance qu’on finit par être dans l’obligation de le regarder dans les yeux plusieurs fois par jour, c’est la belle revanche d’une quête stupide d’un intellect hors du commun.

La punition sera à la mesure de l’espoir déclenché par un égocentrisme soudain à bout de force.

Masochisme aux cure-dents enfoncés dans ses quelques chairs restées lucides, encore éloignées des hordes putrides.

Ici nous analyserons les boniments d’un artiste raté en forme de quoi.

« Quoi c’est l’art ? » est la question subsidiaire que nous n’aborderons pas.

Suicidaire mais pas fou.

De nos jours tout est sali, il faut donc tout saccager afin de survivre la mode. Il parait et c’est ce qu’on dira.

De toutes manières vous aurez certainement remarqué, vous les soldats plombés, que ce qui compte ce n’est pas ce qu’on dit mais ceux qu’on est capable de défaire.

L’utopie matérielle devenue l’opium d’un peuple enragé mais content, par allégorie systématique d’un bonheur à peine visible encore sous les draps.

La métaphore préférée des gens heureux c’est.

Je n’en sais rien mais le bonheur je c’est pas moi non plus.

 

Revenons-en à nos moutons, pardon, à nos doux agneaux. Paix au fricot.

 

Un mouton ça fait du bonheur avec la bouffe. La bouffe, c’est malheureux mais c’est comme ça. Ca fait grossir le désespoir.

Par exemple, prenons mon exemple hasardeux, ce matin j’ai encore lu une nouvelle de Bukowski. Et ce soir ? Quelle étagère ?

Un jour, définitivement, je classerai tous mes livres à la poubelle car voilà véritablement le désespoir de ma graphomanie en forme de légions passagères.

Même pas capable d’être aussi proprement vulgaire que Bukowski !

Attention, Bukowski ce n’est pas n’importe quel ski ! Ne me faites pas patiner ce que je m’interdis, moi je ne me suis jamais rien cassé. Je n’ai jamais eu autant de courage.

 

Passons. Il fait bon dans un tricot.

 

Une fois atteinte, l’horreur de son désespoir propre n’est plus qu’un acharnement à déblatérer des sournoiseries évènementielles de pacotilles afin de tergiverser encore un peu à propos d’un vide insurmontable. On s’attache bien fort aux dernières branches pourries.

Bien entendu, le silence ça craque d’un seul cou.

Pardon, d’un seul coup. Fou, mais pas suicidaire.

 

 

 

J’avais pourtant briqué

Depuis des lustres

Les rustres bien imbriqués

Dans les autres à l’usure

 

Rien à faire

L’art n’y changeait rien

Au monde ou en enfer

Je vivais dans l’âme d’un chien

 

D’un chien soumis avec soin

Qui léchait les platebandes

Où chient en gueulant des voisins

Toujours plus forts en contrebande

 

J’ai choisi ma rumeur

Et en cela je n’ai plus honte

Car la merveille est à l’heure

Bien assimilée à mes bombes

 

 

 

Faut pas être malheureux comme un clébard domestique sous la pluie quand on n’a jamais été capable d’enfiler deux perles à la suite sur le fil du rasoir où s’excitent les utopiques.

Les utopiques sont des débiles qu’on n’a pas encore pris soin d’hospitaliser sur l’échafaud chirurgical des subtilités contradictoires et inventives,  mais comme ils s’aiment dans la vase qui fait pousser les nénuphars, on les noie du majeur en leur assurant que c’est avec l’index.

Congratulations authentiques.

 

 

Une fois atteint le but de son propre raisonnement, s’étale la possibilité unique de s’y contraindre, et cela même si c’est dans la déchirure.

 

 

Rats mènent…

 

 

 

 

Cribas 18.07.2008