Si j’aurais su j’aurais pas choisi comme rêve le fêtard ivre, l’écrivaillon comme une araignée sur la toile.

La fée telle qu’elle est j’aurais prise. Mais je ne suis qu’un Merlin, dit qu’à tort.

Le fait est que j’ai tout à gager à me connaître encore un peu plus maintenant. Un peu plus et je serais mort deux rives à l’appui, si jamais j’aurais pas reçu la pluie à livrer mon art de vivre avec les petits vers.

Faut dire que si j’aurais pas, ben j’aurai pas.

J’aime quand geai pas comme un moineau. C’est plus lucide. Un corbeau est un corbeau, pas un corps beau. Quoique, tout habillé de noir, ça se discute, ça se décortique.

Et si jamais j’apprenais les verbes et tout ce qui se dit en s’inscrivant dans la littérature, pourrait-on encore considérer que je suis une huile sauvage ?

Non ?

Je suis devenu gras comme un pingouin qui baragouine du vent sur les falaises, à force d’avaler mes rêves comme un récif à atteindre.

Et les baleines, et les baleines, ça livre à l’océan la nique aux petits saints. Et les grands hommes ne savent toujours pas défaire les balconnets.

Je ne sais plus quoi dire pour faire l’intéressant, l’itinérant de la littérature sauvage dans mon 35M² à double retour de claymore gardé par un chat infrarouge nuit et jour.

Si j’aurais su, j’aurais réfléchi sans faire semblant.

Depuis qu’il est plus dur, le monde est plus difficile de s’y enterrer comme un imbécile australien.

Je préfère les kangourous, depuis que j’ai compris que la littérature sauvage n’avait aucun rapport avec la visite organisée de la réalité à bout de souffle.

Je m’emmerde avant, pendant, et après le grand saut.

Si j’aurais su, j’aurais fait contremaître, ou chef d’un truc comme ça.

Ne croyez pas que je suis à cran, ni même cro-mignon, ni même encore, un peu plus naïf que vous.

Aucun de mes vaccins ne sont mis à jour, voilà tout.

Ne comprenant rien au monde, je ne cherche qu’à le soigner par mes propres moyens.

C’est exagérément expansif de le dire voilà tout, mais ça n’enlève rien au fait que vous-même vous vous gardez bien d’en exprimer la moindre bribe alors que vous ne valez pas beaucoup plus, bien au contraire dévalé.

Piqué à la servitude.

Si j’aurais pas bu, j’avais pas écrit ces quelques lignes.

Alors ? Eux renards ? Toi rat sûr ainé ?

Si j’aurais pas venu, tu n’étais qu’un vieux con sans dégaine. Cribas est un chat sauvage qui garde la propriété de son silence.

Je bois trop c’est vrai, mais si j’aurais pas dit t’aurais pas pu sentir.

 

 

Ce texte est personnel. Je l’ai écrit pour un ami qui s’ignore.

Un ami que j’aime et qui l’ignore.

Vraiment.

Si j’aurais appris la littérature, j’étais pas sûr de le lui redire.

 

 

 

Cribas 19.07.2008

 

 

Mais si j’avais été certain de moi, je ne lui aurais jamais dit une seule fois. L’amitié que je porte à Cribas est surtout maladive. Elle cherche l’étincelle dans un cœur éteint à tous, et à tout jamais.

Les hommes fébriles ne devraient pas avoir accès à la connaissance des rêves formulés par le biais des comptoirs. Les alcooliques sont rarement des génies, ils sont plus souvent des fous qu’on déplace par gêne ostensible sur le trottoir d’à côté.

Si j’avais su, je me serais installé sur le trottoir d’en face dès six ans. Je ne sais pas pourquoi je dis ça, car en réalité, c’était bien avant il me semble.

Dans le monde où la mode était encore aux fossettes, si je me souviens bien, je hurlais déjà des bras en l’air, ironique à tout bout de champs dans le fossé. La différence c’est qu’à l’époque, la contrition sociale du martinet (encore un oiseau) m’empêchait d’en assumer pleinement les degrés sanglant qu’il me resterait à découvrir plus tard.

Si j’aurais appris à savoir lire et écrire sans difficultés, il est certain que je n’aurais pas, plus tard, tempêté dans des vers d’aussi anarchiques césures.

Si jamais, si j’aurais, si dorénavant, si par hasard, si sable mouvant maintenant c’est l’aumône et c’est bon c’est barbare…

 

 

Cribas 19.07.2008