La seule chose qui compte c’est de parler d’amour, parce qu’ils n’en ont pas.

Ce qui les rend humains , c’est de faire la nique à ceux qui hurlent à l’esbrouffe, au mensonge.

Ce qui nous rend immatures à leurs yeux, c’est notre refus qui dure encore.

Ils encensent la lucidité seulement si elle reste raisonnable.

Ils font de la vie une grandeur, surtout avec leurs petits morts.

Parfois ils les empaillent, afin que l’espoir les consume plus lentement.

L’important c’est d’y croire. Et la connerie entre amis intelligents c’est leur gloire.

Nous ne serons jamais assez.

Spéciaux parfois, spécieux souvent. Nous sommes tout juste assez dignes d’être traités en spécimens, comme une flatterie sournoise dans leurs bons jours.

Notre case est déjà toute apprêtée, matelassée et cadenassée. Nous sommes, aux choix, de bien tristes drilles ou d’étranges paranoïaques.

Ce qui rend notre nature si sauvage, comme ils disent en conférence privée, c’est notre force  idéalisme qui ne se chasse pas comme on éloigne des mouches.

Les enfants sont capables de devenir des hommes. Sans conditions.

Ce qui rend l’existence aléatoire ce n’est pas l’innocence, c’est le destin culturel organisé.

De la mort dont ils parlent si bien, ils ne s’enseignent que le besoin grandissant d’en réchapper.

L’important c’est d’y croire.

La seule chose qui compte c’est d’avoir droit à l’amour parce que la vie ça ne compte pas.

Se mentir en chœur. Inventer des Dieux, et des papes à dénigrer lorsque la douleur sera devenue plus fidèle que les cieux.

Même l’idée d’une véritable communauté humaine ne me fait plus jamais décoller aussi haut que les ailes d’un oiseau consciencieux de sa liberté.

La seule chose qui me décompte, c’est la fragilité sereine avec laquelle je convole vers des horizons de moins en moins précis, et de plus en plus clarifiés.

Je vole, si jeune encore et pour toujours, que la mort s’imagine rire de ma présence indomptée.

La mort ne me connaît pas.

Il fallait y penser.

Elle m’ira bien en dernier.

Le seul acte d’amour sincère dont j’ai fait preuve un jour, fut d'avaler un papillon sans le mâcher, après l’avoir poussé , des minutes durant, à me prouver que la liberté était dure à gober…

J’ai un papillon qui a la vie sauve, dans les yeux.

Il est prisonnier de mes veines et je crois qu’il est bien.

Nous aimons ça.

La seule chose qui compte.

Ce qui nous rend immatures à leurs yeux, c’est notre liberté qui dure encore.

 

 

 

Cribas 20.07.2008