Et à l’âge des grandes faims

Enfin passées à table

Je n’ai qu’une pierre tombale

En point de mire sans savoir

Point d’ami point d’amour

Des poings partout

Tout juste un peu mon tour

Je ne me lève plus

Jamais seul un sourire

Dans les rues complices

Des hommes à genou

 

Et à l’âge des grandes faims

Réveillées mes candeurs

Mon tour d’honneur en larmes

Plie enfin son bonheur

En quatre sous la selle

Comme on s’enfuit loin des armes

A l’approche du vide

Et je ne saurais dire pourquoi

En enfer et sans envies

J’assassine encore mon paradis

Comme on brise ses miroirs

 

Et lâche, revenu trentenaire,

Je m’observe au passage

Rire à mort, en gage de vers

À ma définition de l’âge.

Quel âge as-tu mon verre ?

Déridé à moitié plein ?

Déjà le temps de passage

Chronométré à moitié vide ?

Et mourir dans l’instinct

Règlera sûrement la fin

Romantique dans un bain froid.

 

 

Revenons sur cet instant

Où les larmes sur les joues

Confondent la veine du sang :

Naître est un joyau qui brille

Dans le regard céramique

D’une mère bucolique

Toutes paupières en vrilles.

Et à l’âge des grandes faims

Toi tu veux mourir

Alors que poupée de cire

Ou poupon par défi ?

 

Je sais c’est pas juste

L’amour des filles

Ni d’ailleurs le buste

Des raisins mi-figue.

Mais l’Homme est ainsi Fée

Avec un grand risque

Celui d’être magique

Pour une seule pute

Un putain de type

Humain jusqu’à la lie.

Amours superposées.

 

 

 

Cribas 21.07.2008