Etoile démerde
Par Cribas le dimanche 27 juillet 2008, 18:40 - Cribas 2008 - Lien permanent
Les gouttières sont grises
Les chats pas si souvent
Les éminences grives
Ne dansent pas si souvent
Que ça
Si ce n’était pas tout
Ce n’est pas tout
Les plages sont jaunes
De rondes en caleçon
Et noires jusqu’à l’aumône
Les femmes moins économes
Que ça
Si ce n’était pas tout
Ce n’est pas tout
Les paumés avec sur les dents
Des Eves grinçantes
Parlant entre elles d’eux pommes
Suivant leur ligne moins paume
Que ça
Si ce n’était pas tout
Ce n’est pas tout
Les femelles ne regardent pas les mains en premier, sur la plage. Il
faut parler avec les mains qui les excitent davantage afin d’être un beau
parleur. La force sûre est un gage de baise, assurément de linge sale à laver
resté à la maison. Les magazines de rêves voyagent en première classe sur la
plage arrière, jusqu’au jour où la plage arrière referme bien grand son
cauchemar quotidien. A la place du barbecue dans le garage, où pendant l’hiver.
L’hiver se pourlèche les babines dans l’esprit grandiose des sociologues
malsains qui empêchent de se faire brouter toute crue, de se faire détourner en
ronde, hors vacances scolaires.
Les enfants s’amusent, c’est bien.
Du sable dans les yeux, les enfants sourient comme des brutes, tout va
bien au loin.
Des cristaux dans le regard, un autre gosse grandi comme un crétin
t’invite devant le miroir en ralentissant la promenade de son torse bombé. Il
t’a vue c’est sûr, entre les serviettes allongées. Tu fais semblant de
surveiller ta vie devenue progéniture. Que vas-tu faire aujourd’hui
?
Il frime et tu remettras bientôt ta poitrine au soleil, ton destin
couché sur le dos.
Mais d’abord il te fait envie, c’est lui, alors tu rappelles tes mômes
pour les caresser un peu dans le sens d’une bonne mère à
poil.
John revient à ce moment vers toi, John c’est ton mari la gueule
ensablinée après une partie de strip voley avec ses amis. Il, eux,
S.
On est bien là non, ma chérie, ma puce !
Mécaniquement ton sourire.
Un autre sourire s’en va en quittant la surbrillance de tes tentations,
reprenant sa promenade. Tu baisses les yeux avec l’intelligence de ton
mensonge, il t’aimait déjà parce qu’il savait que tu étais sérieuse comme un
repas dominical.
En famille.
Femme cachée par obligation, et tripée par le soleil depuis tant de
débuts de printemps.
Les égouts se dispersent
Et le parfum des femmes
Comme des violettes aux rats
S’exerce à l’art blême
Rien que ça…
Les égoutières ravalent
Les fossettes
Des sioux qui s’emballent
Et se dévêtent
Rien que ça…
Je suis aussi précieux
Qu’un repas dominical
Moi dans ma tête et envieux
Je m’exerce au crucifix par le mal.
Rien que ça…
Toutes mes gouttières sont grises
Pacha si souvent
Et rien que ça…
Cribas 27.07.2008


Commentaires
Que de longs métrages se tournent derrière les paupières clauses , sur les plages ...enfin , pas si closes ... que ça !
"Etoile démerde" : un été pourri ? ou , chacun son système D ?
J'aime bien le texte en trois temps , et les enjambements grand écart avec "que ça" , j'imagine marcher sur le sable en enjambant les "serviettes allongées" ... "que ça "?...enfin..."rien que ça" !
Je me suis bien amusée sur ton il de la tentation , aux chats et à la souris , et à la guerre des torses n'aura pas lieu ! et au pas-chat et aux sourires , et à "caresser un peu dans le sens d'une bonne mère à poil" -outch la belle phrase à recopier sur l'ardoise pour démarrer une leçon de morale - et aux "éminences grives" ( on dit : chaude comme une caille et saoule comme une grive ?) , et à "la vie devenue progéniture" et ...
Bon , je repose le rêve sur la plage arrière Satan et je vais réfléchir au prochain repas-sage dominical !
"Je suis aussi précieux
Qu’un repas dominical"
Précieux dans quel sens?
S'exercer à être cloué au pilori, s'abandonner le Dieu en nous, rendre l'arme à l'autre, refuser de devenir ce qui n'est pas nous...
Et si ce n'est que ça c'est énorme, car qui voit de quoi il s'assagit...