L’esprit malade et la gueule de bois des beaux jours, l’infirme con prend sa douleur à bout de bras. Au bout de tout, il y a le compte. Il rend des comptes au sable, aux arbres, eaux océans et à l’immensité invérifiable. Le soleil c’est fait pour la peau des ménages, halée, salée, crudités.

Des œufs durs et des œufs au plat, s’allongent vers la contemplation lointaine des rochers moulés par la voyageaucratie. Hors du temps qui trépasse, les visions d’horreur s’endorment au soleil, une à une, pilules sans rayons d’action.

Mécontent de tout, mais content de ma haine, je voyage moi aussi, le cul assis la tête en l’air, et l’air de rien ma colère, plus que dans mes yeux, est dans mes mains avec les gestes d’un fou dont s’amuse la galerie des glaces partagées en barbouillages, et glissades gluantes sur des lèvres non moins cinglées.

Les plages lentes, les phrases longues. Je marche vers la mort ou la vie je ne sais plus où je vais, les œillères droit devant, sans un œil droit pour les ancres invisibles et plongées, sans un regard gauche pour les sangsues gobées par des cristaux réfléchissants et agglutinants.

A gauche et à droite n’ont plus d’intérêt pour un fou blasé.

Droit devant vers la vie je ne sais où.

Droit devant vers la vie je ne sais où.

Montreur d’éternité, le soleil, non content de me priver d’ailes, m’arrache les épaules.

Je n’ose plus jamais le regarder en face comme un enfant hurlant à l’amertume. Quémander des comptes au soleil, et sans cesse, est toujours un échec cuisant.

 

 

 

Cribas 03.08.2008