Sous l'écorce des platanes
Par Cribas le vendredi 31 octobre 2008, 21:39 - Cribas 2008 (Suite et fin) - Lien permanent
On ne rattrape pas son envie lassée de vivre une vie d’artiste. C’est toujours
trop tard, et pour cette raison on s’y accroche.
On ne récupère pas le temps perdu à lire des livres, à apprendre les règles de la bande dessinée, à repeindre des copies.
Les vrais artistes n’ont aucun talent. Mais les artistes qu’on reconnait, eux, en ont toujours.
Les vrais artistes, qu’on les reconnaisse ou qu’on les délaisse, ont vraiment du talent.
J’ai été un artiste. Tu as été une piste. Tu es une artiste, je ne suis plus qu’un compromis.
Les artistes, les nobles s’entendent, ont pour mission de définir l’art. Les grandes écoles et les petites mouvances à la mode sont là pour ça.
Moi, en vérité, l’art je m’en moque comme d’un bobo épanoui qui, tout ébahi dans l’usage habituel de son hypocrisie cherchant à faire preuve de sa naïveté naïve devant les autres avec ses grands yeux dans le vague des ritournelles, fait du pleutre, de la jacasserie et de la médiocrité éloquente.
Comme si…
Enfin tu m’as compris.
Et si jamais ce n’est pas le cas, lis moi jusqu’au bout :
Accoudé aux platanes
A la vitre électrique
J’avais dix ans à peine
Et je rayais mon ombre
Avec les lignes continues
Des pointillés vus du ciel.
Lorsqu’il faisait soleil du bon côté.
Ebahi par ma flamme,
En silence, ça ne se disait pas
Je n’étais qu’un enfant
Sans valeur et ses douleurs compromises.
Déjà.
On allait souvent en Andorre,
Sinueux et au rythme
Des montagnes d’argent.
Effronté de naissance,
Mon front large
Comme une intelligence tête à claques,
Inspirait.
J’expirais par la fenêtre
Mes pas de pots avec échappements,
Comme on intrigue ses gaz dans sa jeunesse.
J’ai fait péter mon enfance
Plus haut que les feuilles mortes,
Et maintenant on me demande
Comment je gouverne
Comment je compte mes bornes
Comment dans les arbres
La lune est à mes ordres.
J’ai décidé d’être vivant
Un peu
Un jour d’été et de frayeurs
Je m’étais endormi
De si peu
Je fus réveillé par le talus.
C’était ma vie, le vide.
Depuis je crois que je vis
Et c’est un bienfait.
Par delà ma conscience
En deçà du réel
Au dessus des méfiances
Je m’agrippe comme un singe.
Lorsque j’écris
Je suis d’obédience féminine.
Tout ceci est un mensonge,
L’ introduction de mon histoire.
La vérité c’est que souvent je songe
A celle qui tous les soirs
Manquera à mes jours.
Que je regarde ailleurs
Mon ombre ou son imagination
Je reste un saule
Qui pleure amour à sa maman.
Cribas 31.10.2008


Commentaires
c'est juste beau, merci.
"je voyage mes jeunesses"
Et Cribas-air-lines , quel transport en commun ... (je plaisante par excès d'émotion ...)