La fièvre
Par Cribas le samedi 20 décembre 2008, 00:26 - Cribas 2008 (Suite et fin) - Lien permanent
Nouvel exercice de souffrance profonde, comme à l’âge des adolescences sans
fumisteries précises. Il y a du beau linge en bas, vu de ma tourelle. Je finis
mal, sordide.
Les moqueurs ne se moquent plus, ils ont découvert le butin. Ma dégaine se ramasse à la pelle, comme un néant à cueillir, pour se grandir sur les faubourgs de la littérature.
Le poète misérable ne peut mourir en paix. Les colombes et leurs vautours cherchent le moyen de l’exterminer. Une bonne baffe pour toutes.
J’en ai piqué des phares, tout émerveillé par le mensonge exagéré que lui imposait sa condition de femme.
J’en ai frappé des cons, tout décontenancé par leurs ardeurs violentes d’hommes trahis, bébêtes ou blessés.
D’entre le feu, mes larmes à tout faire me sortent par les yeux.
Je ne distingue plus la douleur de la mienne.
La fièvre m’envahit.
Elle ignore ma présence, pendant que mes lèvres lui procurent du voyage.
Je suis toujours présent, triste, sans évènement pur.
De la condition d’un homme déchu par la grâce.
La prestance est un tunnel au bout.
L’enfance martèle le souvenir, et les souvenirs sont broyés.
Comme la fatigue est lourde. Comme la fatigue met à la masse.
Perdus par les pieds, nos petits pas de survivants.
Et demain je dirai autre chose, je dirai pour nous sauver, que je les aime.
Ils se tapent des rails de survies, s’envoient des insulines de crêpi, fument off des petits joints entre amis. Hagard, j’écoute en ne comprenant rien à nos petits systèmes de pensée. Je ne pense pas plus loin que sa peau. La gnose, l’agnostique, l’art des cliques, le maximalisme des bimbos warriors, je sens tout ça épidermique, veiné jusqu’à mon cœur.
J’ai toujours été stupide, lorsqu’il s’agissait de comprendre à mourir.
Je veux dire autre chose :
Concerné par leurs amours
Je meurs
Pathétique et volontaire
Je crève.
Cribas 20.12.2008


Commentaires
"Le poète misérable ne peut mourir en paix"
Comme une évidence qui s'écoule des vases (non) communiquants .......
Mais la souffrance , à l'alambic du poète , distille de l'or en vers ....