Décent
Par Cribas le lundi 22 décembre 2008, 19:07 - Cribas 2008 (Suite et fin) - Lien permanent
Je vous ai débarrassée d’un cheveu gris. Certainement un mauvais souvenir. J’ai
décroché la lune pour vous. Une seule nuit. C’est suffisant. Ignorez-vous que
la flamme vivante s’arrange avec ce que je contemple ? Je n’ai rien appris
sans modestie, sans destitution forcée de mes coupables victoires. La
résignation, en actes.
Je ne dispense plus de conseils, je vous les garde, pour moi.
L’insolence vulgaire est un métier d’autrefois. Autrefois, c’est déjà ce que représentera demain le jour qui aura bien voulu me lever hier.
Mes larmes vaines, mes cheveux blancs, nos vilenies sorties toutes froides de l’enfance, je n’y pense plus qu’avec la mesure vérifiable que me fournit la raison.
La faiblesse intrinsèque de croire en mes différences prononcées, n’est plus qu’un cheval de Troie, expérimenté par le déni, et qui piège mes affirmations condescendantes.
Exploration de l’âme à genoux ?
De la distance apprendre.
Ne cherchant plus à soudoyer l’armure pour quelques instants d’ego supplémentaires, je réside maintenant sur la couche supérieure de ma peau déchiquetée par tant d’avanies.
S’absorber. Eponger.
Je nous ai débarrassés d’un cheveu blanc. Ne regardez pas derrière, je suis là, vivant, devant vous.
Pleurez sans honte, j’entends vos larmes ! Tout ce qui entre dans mes yeux est confidentiel.
Ne me dites pas ! Ne me dites pas vous que vous m’aimez ! Consternation.
Votre constellation était propice à la déclaration de mes jours comptés en années d’abnégation.
Refus.
Solitaire né.
Me décririez-vous le ciel ? Pour voir…
Chaque nuage est un pixel d’azur planant sur les fresques marécageuses, d’où l’on se donne, boueux, les bras implorant la mort, ce besoin de mettre un terme à l’agonie. Seigneur d’yeux, vois tes mères, tes filles, nos sœurs, nous tous éperdument hagards et silencieux !
Moribondes amours.
Solitaires sécrétions bibliques.
Ma chair, je nous débarrasse de la vie, de sa forme la plus impure !
Suicidé, sans corrélations expérimentales avec l’avenir certain du bonheur, je touche à tout : le sang, les veines. Mes artères me conduisent aux épanchements de l’exécution publique.
Vous aimez comme un étang. Vous goûtez à l’amoncellement de mes peines sans les charrier.
La moindre clause, dès lors, je l’accepte.
Je vous débarrasserai de nos cheveux
gris.
Cribas 22.12.2008


Commentaires
le gris est pourtant d'un chic
Vous avez raison. Chiquez, chiquez tant que vous vous grisez! L'amertume ensuite, exigera peut-être de faire un tabac! *
* (Exercice de pure provocation élémentaire)
Faites excuse, je m'immisce, question tabac le gris ne se chique pas, il se roule. Et puisqu'on en est à se dégriser, je m'en tiens personnellement au rouge.
"Du gris que l'on prend dans ses doigts et qu'on roule..." Je crois savoir, Ginette, oui. Je te laisse un lien, tu verras que parfois le tabac à chiquer peut être gris...gris brun...
http://www.elwatan.com/MEDEA,6781???
Je vais en rester au rouge alors :s
rien qu'un seul! un seul par nuit, c'est déjà ça! autant de cheveux gris que de mauvais souvenirs ou de résignations?
bise
J'adore !