Brumisateurs juxtaposés (Révolutions simples)
Par Cribas le mardi 23 décembre 2008, 21:16 - Cribas 2008 (Suite et fin) - Lien permanent
La brume à large spectre humidificateur, perle en frimant sur mon front
victime. Brûlure intenable. Existence soutenue par le rythme endiablé du
chagrin. La peau sans retenue, soudaine et cramoisie.
Cramé. Ca me va bien, cramé.
J’ai hurlé mon nombre à qui voulait bien savoir m’en conter. J’ai dépassé mon cancer des poumons. Intérieur. Je dénombre maintenant ma douleur décrottée, sur l’épiderme enflé par la claustration de mes facultés viriles à l’ennui.
Je m’emmerde, c’est une autre façon de le dire simplement.
Voyons voir, quelles sont mes passions ?
Et bien non, je n’ai pas de rêves.
Il faudrait s’accrocher au vent pourtant, par temps de pluies, histoire de ne pas finir comme un orage, droit dans le caniveau.
Ca me fait rire la mort, ça y est. Comme c’est dangereux !
N’est ce pas ?
Quel ennui !
Et dire que tous les intellectuels de basse-cour ont des réponses violentes et dénigrantes à cette simple question : l’ennui ?
Incroyable de niaiseries, l’existence fragile qui s’exhibe courageusement sous les parapets du désir cruel. Devenir, sans dévoiler aucun de ses projets mirifiques et surtout, minables.
Cruel. Ça me va bien, cruel.
Les hommes d’affaires, s’affairent parfois autour des poètes. Parfois. Les poètes sans affaires. Les poètes, s’affairent à faire vivre un rêve en gondole, le baluchon nomade et rêveur.
N’importe quel premier venu peut aujourd’hui voguer sur les mers en s’imaginant être un bouchon. Ne pas avoir peur, le cas échéant, de devoir se faire briser un fémur ou deux par la mer, notre patrie vague et silencieuse.
Qu’est ce qu’on s’emmerde, lorsque les mâts nous tombent sur la gueule.
Et puis ça fait mal, le vent glacé qui siffle comme une hécatombe en frôlant nos petits lobes fragiles.
Je m’emmerde encore plus lorsqu’il fait vraiment froid dehors.
La dune à l’âge du spectre, fait semblant d’être amie avec la lune, on ne sait jamais, que cette dernière soit devenue une proche de la lumière éternelle.
Comme si les rayons du soleil étaient aveugles !
Voyant. Ça me va mal, voyant.
Au rythme du précipice, tout ce que je constate c’est que je tombe de plus en plus vite.
Ah, le Mississipi de mon enfance ! Ca rimerait mieux avec précipice.
« Prépuces et précipices », le titre de mon prochain livre, premier du nom.
La cruche à l’âge infecte, aux temps où l’on ne peut plus, encore, se poser de questions à propos des insectes.
Nous sommes des mouches, des fourmis réverbères, des blattes croquantes. Des dents fragiles et malades ?
Dans la brume, sous la mouise, je vais comme un chient errant, un peu limité en maladies de l’âme depuis que je n’aime plus qu’avec mes os, et j’observe les cachettes de mes congénères avec une certaine forme d'amour d'angelot compassé.
Excusez-moi, je n’ai pas appris à détester, je ne connais de la haine que son pouvoir régénérant.
Génération réfrigérante. Rais frais gérants.
Vive l’errance !
Cribas 23.12.2008

