Mortelle insoumission de l'intellect des gaufrés ou Dessous-dessus
Par Cribas le mercredi 31 décembre 2008, 05:48 - Cribas 2008 (Suite et fin) - Lien permanent
Il n’en est pas question, pas encore. Je vous le dis parce que je sens que
déjà, et c’est trop tôt, vous cherchez à m’arracher la phrase en deux mots.
Est-ce réellement la seule condition qui mène à l’amour? Je n’y crois pas. Une
seule seconde je le pourrais, mais il serait déjà trop tard.
Dans le regard que vous portez sur les choses -je ne sais pas pourquoi vous utilisez sans cesse ce mot, les « choses » de la vie, peu importe pour le moment - la femme serait donc mise dans l’incapacité (soumise à ?) de commettre son âme sans en passer d’abord par le prêt de son attribut si convoité. Le sexe est un bien grand mot. Vous parlez trop. Les âmes ne parlent pas. « Sois belle et tais toi ! » ne tend pas à discuter de l’âme.
Un jour peut-être, on ouvrira des clubs d’échangistes où l’on se partagera des âmes. Mais je n’y crois pas, pas encore. Le speed-dating est encore un peu d’actualité, et de toute manière je ne fréquente aucun salon. Sans façons.
Bien entendu, je plaisante, je crois que c’est plutôt ça l’âme terrestre. L’âme céleste ? Une autre fois.
L’impression de temps perdu que provoque la quête d’une nudité amniotique. L’âme, c’est un peu pour les bébés, dans le fond. C’est assez profond en effet, l’âme.
Si profond, que personne n’en est jamais revenu. A moins que personne n’y soit jamais retourné, je préfère ne pas être péremptoire sur ce que je ne connais pas sans un bon silence dans les veines. Tenez par exemple, la drogue, ça c’est de l’âme !
Les belles âmes sont chaudes. C’est vous qui le dites. Imaginons que nous n’ayons plus les moyens de payer la note de gaz en plein hiver, croyez-vous vraiment que c’est en tentant de faire communier nos âmes qu’on aurait l’espoir de se réchauffer ? Je reconnais que ça se discute (à partir du temps qui exprime le verbe aussi), puisque vous allez me dire que la chaleur est intérieure. Parfois d’ailleurs -je me souviens - on m’a dit que j’étais brûlant. Ce n’était pas désagréable.
Vous savez bien que je mens. Moi aussi. Je ne vois pas pourquoi ce serait un reproche que je vous adresse.
Vous me comprenez mal, il vaut mieux en rester là. Je ne dis pas que vous devez partir, ou que c’est à mon tour, j’explique.
Si un jour je parviens à m’expliquer, je sais que ce sera un peu grâce à moi. Vous voyez ? Ca me reprend toujours.
Il n’en est pas question, pas déjà.
Je vous le dis avec mon âme, vous devriez le comprendre.
Je sens que vous commencez à me sentir ironique. C’est un bon début. Sentons-nous. Nous finirons peut-être par nous lécher. Attention, délicatement bien entendu. Ou plus fort de ma part, car je sentirai le moment venu, ou vous me direz. Ou les deux, en communion. Je dis délicatement mais en réalité je n’ai rien contre la bestialité féminine. C’est drôle. La bestialité féminine. Ca ressemble souvent à un mauvais film. Porno. Le genre de film où les acteurs, parfois, se prennent pour des acteurs.
Je n’ai rien contre les mauvais acteurs. C’est que je suis très ouvert d’esprit vous savez. Oui je vous vois venir, disant cela : « C’est plus facile que lorsque je vous parle de votre âme ! ».
Et bien non, vous vous trompez. Niveau esprit, je n’y connais rien non plus. Pour moi, l’âme et l’esprit sont devenus deux choses de la vie à ranger à leur place. Dans le tiroir des concepts. Et je ne l’ouvre pas tous les jours celui-ci.
« Ca vous ferait trop mal à la tête ? »
Vous êtes drôle, un peu, et tellement belle quand vous vous y mettez.
Bon, si vous insistez. Je vous aime.
Voilà, vous êtes contente ?
Mais non, ne pleurez pas, ça deviendrait de votre faute.
Pas encore. Attendez. Un jour j’aurai quelque chose à vous dire. Mais sachez le tout de suite, le mystère, à la longue, c’est usant. Le mystère, c’est comme le beau ténébreux, avec le temps ça vieillit.
Déjà que je n’aime pas quand vous pleurez, mais si en plus vous vous mettez à chialer !
Vous êtes gonflante, on ne peut rien vous dire à vous !
Je sais, c’est une phrase que j’ai apprise par cœur.
Ça, un cœur, j’en ai un ! Je ne peux pas le voir mais je sais que j’en ai un !
« Ah, vous voyez ! (même si je renifle) »
En effet, je vois. Vous avez raison. On va prendre un verre avant ?
_ Après, je préfère.
_ Je ne vous comprends plus…
_ Et ça vous étonne ?
_ Vous dites ça pour moi ou pour vous ?
_ Je n’y avais pas pensé comme ça. Disons les deux !
_ Et puis arrêtez de m’écrire en italique, espèce de macho !
_ ???
_Mais c’est beau l’italique. Regardez je me l’applique ! Ca ne ressemble pas à Venise à New-York ?
_Vous me faites rire. Je suis bien avec vous, même si vous êtes un beau parleur !
_ Lorsque je vous parle, je vous parle avec mon âme vous savez.
_ Alors vous !
_ Je veux vous conforter. Vous venez de dire que j’étais un beau parleur.
_ D’habitude, vous ne m’écoutez pas autant.
_ Réconfortez-moi. Vous avez un problème avec l’affection ?
_ Pas si vous cessez de me mettre la pression avec vos histoires d’âmes !
_ Et vous ? Avec vos histoires de fesses ?!
_Au diable nos âmes ! Maintenant pressez-moi !
_Je pourrai continuer à te vouvoyer ?
_ Ca me plaît. Approchez, vous parlez trop.
_ Vous voyiez bien que
j’avais raisons.
Cribas 30.12.2008


Commentaires
Bon An Neuf Cribas,
ah! pour toi ça fait BANC, un banc pour s'assoir et t'écouter, pour assoir son âme et s'écouter, ou avec son âme soeur pour l'écouter (peut-être)...
tendresse, humour et toujours quelque chose qui parle à notre âme. Merci Cribas, bise
Ah, la séduction de la pensée duelle ... un beau partage, en tous cas ...