Mais où est donc ce carnivore

Qui avale mon style

Dégueulant seulement la moitié

De mes plus belles métaphores ?

 

Mais où est donc cette conjonction

D’écoles privées coordonnées

Et de lycées baignés dans la baston ?

La bête intrépide est subordonnée.

 

Mais que fait le verbe sourire

Dans le Bescherelle de la nation,

Lorsque le rire devient un rite

Au cutter saignant des récréations ?

 

Mais que fait l’idéal d’un peuple instruit,

Dans le cartable en skaï d’un futur flic

Ou dans le maroquin d’un prochain ministre,

Si ce n’est d’une terre arable un usufruit ?

 

Mais où est donc mon sonotone,

Que je le dérègle à mort ?!

D’où ? L’origine d’une langue faussaire

Qui envenimât mes vivres ?!

 

En classe, tout derrière au fin fond,

Là où les hirondelles remplacent les oreilles,

Les enfants semblent vides et leurs yeux ronds

Apprennent des leçons de merveilles.

 

Mais que fait encore

L’abjection des corps mordorés

Pour les sympathies ensuite d’or

Qui rêvent de passé ?

 

Des esclandres d’amitié ?

Des amours filandreuses ?

Des esclaves mal séchés

Comme le limon dans la Creuse ?

 

Mais où est donc ce cinglé

Qu’on nomme amour à la folie ?

Moi je crois qu’il est tout près

La pyramide qu’on oublie.

 

Mais où est donc Ornicar

Ce héros subconscient

Des matrices doctrinales

Et des wagons d’accidents ?

 

D’un passage à vide

Le poème fait son rythme

Depuis que son style

Le condamne sans rimes.

 

Mais où est donc l’or des braves

Et des muses sans verglas

Depuis que la poésie fait costard

Et taille des méduses dans le gras ?

 

Dans le fossé des chemins

Un jour on relira

Avec la main peut-être avec un doigt

Tous les poètes morts de faim.

 

Et on leur chantera

Comme déjà on les dévore :

‘Mais qui donc est l’homme mort

Que je croyais cannibale ?’

 

Un moineau sordide et souriant

Pose ses pattes sur une balustrade

Un poète amusé en pleine confiance

Détourne le regard des hôtes estrades.

 

Et que fait le verbe sourire

Lorsqu’il ne ment pas ?

 

Il sourit pour rire

Et on le prend pour un canard…

 

Mais où est donc ce canard omnivore

Etc…etc…

On ne sait pas trop et pain sec

Et l’homme devint un humide sourire

Dans son regard triste d’enfant…

 

 

 

 

 

 

 

Cribas 27.01.2009