Régulation tempérée au rythme excité d'une vague floue ou Le cancre, modeste et complice (à Jacques Prévert)
Par Cribas le mercredi 28 janvier 2009, 00:08 - Cribas 2009 - Lien permanent
...En classe, tout derrière au fin fond,
Là où les hirondelles remplacent les oreilles,
Les enfants semblent vides et leurs yeux ronds
Apprennent des leçons de merveilles...
Mais où est donc ce carnivore
Qui avale mon style
Dégueulant seulement la moitié
De mes plus belles métaphores ?
Mais où est donc cette conjonction
D’écoles privées coordonnées
Et de lycées baignés dans la baston ?
La bête intrépide est subordonnée.
Mais que fait le verbe sourire
Dans le Bescherelle de la nation,
Lorsque le rire devient un rite
Au cutter saignant des récréations ?
Mais que fait l’idéal d’un peuple instruit,
Dans le cartable en skaï d’un futur flic
Ou dans le maroquin d’un prochain ministre,
Si ce n’est d’une terre arable un usufruit ?
Mais où est donc mon sonotone,
Que je le dérègle à mort ?!
D’où ? L’origine d’une langue faussaire
Qui envenimât mes vivres ?!
En classe, tout derrière au fin fond,
Là où les hirondelles remplacent les oreilles,
Les enfants semblent vides et leurs yeux ronds
Apprennent des leçons de merveilles.
Mais que fait encore
L’abjection des corps mordorés
Pour les sympathies ensuite d’or
Qui rêvent de passé ?
Des esclandres d’amitié ?
Des amours filandreuses ?
Des esclaves mal séchés
Comme le limon dans la Creuse ?
Mais où est donc ce cinglé
Qu’on nomme amour à la folie ?
Moi je crois qu’il est tout près
La pyramide qu’on oublie.
Mais où est donc Ornicar
Ce héros subconscient
Des matrices doctrinales
Et des wagons d’accidents ?
D’un passage à vide
Le poème fait son rythme
Depuis que son style
Le condamne sans rimes.
Mais où est donc l’or des braves
Et des muses sans verglas
Depuis que la poésie fait costard
Et taille des méduses dans le gras ?
Dans le fossé des chemins
Un jour on relira
Avec la main peut-être avec un doigt
Tous les poètes morts de faim.
Et on leur chantera
Comme déjà on les dévore :
‘Mais qui donc est l’homme mort
Que je croyais cannibale ?’
Un moineau sordide et souriant
Pose ses pattes sur une balustrade
Un poète amusé en pleine confiance
Détourne le regard des hôtes estrades.
Et que fait le verbe sourire
Lorsqu’il ne ment pas ?
Il sourit pour rire
Et on le prend pour un canard…
Mais où est donc ce canard omnivore
Etc…etc…
On ne sait pas trop et pain sec
Et l’homme devint un humide sourire
Dans son regard triste d’enfant…
Cribas 27.01.2009


Commentaires
...adossé à mon siècle ?
Pardon. J'ai écrit de mémoire. Je ne pouvais effectivement mettre le son pour vérifier l'exacte expression, et j'ai écrit, oui, sans avoir réfléchi. Pardon mais c'était en écho à vos nouvelles photos (leur disposition). Je vous prie de me pardonnez d'avoir cru me souvenir, et pris ce risque incalculé.
Ma chanson préférée a longtemps été "Bidonville", de Claude Nougaro. Elle ne l'est plus. Je n'ai en revanche jamais aimé le titre "Paris". Alors ? Par ailleurs, je ne suis pas allée sur le blog de Gille-Marie Chenot que je n'ai pas en estime, et n'ai donc pas pu lire le texte dont vous me parlez, qui défigure.
Il n'est pas mon ami. Bien qu'apparemment vous non plus.
Pardon pourtant pour la "voix" ("adossé à mon siècle ?) que je trouvais belle en duo face à vos interrogations dans ce texte, (bien sûr pas à tous les coups), et que vous auriez donc si parfaitement oubliée (une voix de femme, assez naturellement).
Merci pour les belles heures passées en votre compagnie en prévision de ce mutisme... et adieu.
Epoque épique école épigramme ... que l'âme de l'homme reste cancre devant les estrades...
Quand on voit ce que ce sont devenus certains de ces "enfants vides aux yeux ronds" ..ça redonne de l'espoir pour les actuels "enfants ronds aux yeux vides" :)