Il ne reste jamais rien des cadavres de l’amour

Même pas un souvenir stupide qui ferait la loi

Les entités passent, finissent greffées au grand soir

Et les rêves n’en font plus qu’un, jamais au grand jour

 

Rien ne dit les privilèges de la solitude

Lorsqu’à la rue on ne voit plus la morne vallée

Où se préfère la vérité moins rude

Des organismes courts et fatigués.

 

A l’usure c’est toujours la mort qui gagne

La lente crevaison longue et douloureuse

Qui s’écrasant sur elle-même sans miracle

Dérape en zigzag sur les bandes boueuses

 

Il ne reste pas grand-chose des ossements de l’amour

Depuis que le monde vaincu croit en son mystère

Puisque on joue aux osselets avec le troubadour

Il fera valser les âmes en cracheur de cimetières

 

 

Cribas 03.02.2009