Rien ne se perd, rien ne se crée

Tout se transforme

En maladies mentales

Les puissances ont des ailes

Les minables des palmes

J’appuie sur les pédales

De mon p’tit vélo dans la tête

Monté tel une comète

Je dévale du grenier

Pour goûter au sang de la cave

Les dents explosées

Et de l’herbe rouge

Sur mes frasques terriennes

Qu’il est bon ce drôle de voyage

Fier comme un parachute torché

Je suis déglingué comme un pingouin ignorant

J’apprends à voler avec mes palmes

J’ai des ailes mais je ne sais pas encore

Qu’elles sont sous-marines

Et que c’est à la nage

Que mon envol est le plus céleste

Tel un manchot, je vole

Sous la première vague des océans

Je mens

Je suis un homme

Mais j’ai vu

Assis sur une torpille lancée à l’assaut

Le dessin animé de ma vie

Et la mer transparente

Tout est flouté

Et les pirates à bord des cargos

Nous parlent d’amour

Et de trésors dilapidés

Rien ne s’envole

C’est mon dernier voyage

Plus haut qu’un building de fortune

Je me jette dans le vide

A partir d’un gratte-ciel

Et le monde est infime

Lorsque le vent s’écrase

Sur mes cheveux courts d’époque

Dans un crâne rasé

Pastèque sur le macadam bleu

 

Comme un nuage

Ou plusieurs nuages ça dépend des jours

Je suis, ou un enfant sage

Ou l’âme suicidée d’étage à étage

Je me sens détaché comme une aile

Qui a pris feu

 

Et je tombe

Chaque nuit dans le brouillard

Dans la brume confortable

Où tôt le matin

On ramasse le monde sordide

Caché comme une poubelle

 

Rien ne se perd, rien…

 

J’ai élu domicile

Dans un monde où l’homme est à sa place

Où les facteurs

Déposent des factures

Parmi les missives nationales

Et les missiles cartes postales

 

Tout se transforme en voyage

Et en amitiés timbrées

Et j’ai su que le monde rapetissait large

Le jour où j’étais fou

 

Fouetté

Je me transforme tel une verge

Montée en neige

Sur les montagnes

Où mes raquettes éternelles

Confondent la cerise de l’avalanche

Avec le râteau de la poésie

 

Libre je m’envole

Comme un ski dans la gueule

Rien ne surfe, rien ne se drape

Plus que la soufflerie

Où on teste pour rire

De temps en temps

Des enfants tristes et des canards sauvages

Contre le mur…

 

Inspecteur d’ailes coupées

Drone en voyage

Mon réacteur arraisonné

Répand son réservoir

Plein de guerre aux gênes

Posée sur la mer

 

Monté tel une comète…

 

 

 

 

Cribas  22.02.2009