Il faut laisser le temps

Au déclin

A son indifférence

 

Il faudrait prendre la flatterie

Pour une colère

Dans de la bonne humeur

 

Et avec la ruse de la franchise

Oublier son chagrin

Dans la joie de la paresse

 

Comme une feignasse

Et sans destin

J’en doute

 

Je suis méfiant

Comme un chat sauvage

Alimenté aux coquettes

 

Mon pelage est rude

Semblant de barbe souple

Sur mille chattes ludiques

 

Je les aime moins rasées

Qu’adolescentes tungstène,

Lubriques et sans gênes

 

La lumière je l’autorise

Et j’aime que ça brille

Lustrée même sans me pendre

 

Tout est pouliche

Comme une peau de chamois

Sur ma queue de douze bits

 

Mais je n’en fais pas un fruit majeur

Ma poésie est goûteuse

Et tous ses fruits juteux

 

Il faut laisser le temps

A l’extase

D’être une pute injuste

 

Et avec dévers

Je l’avale

Par l’anus de ma racine

 

L’avalanche en boule de neige

Sur nos sexes meurtris

Fait de la lèche à l’amour

 

Il faudrait de la vraie paresse

Un peu d’ordinaire

Et beaucoup plus de rêves

 

Je l’enlève toujours trop tard

Sur ses lèvres totales

Car sa bouche gerce mes projets

 

Ma poésie est une femme

Ma femme c’est de la poésie

Alors je baise

 

Sans amour

Tel un destin

Vers son unique asile

 

 

 

Cribas 27.02.2009