Peu importe la rue est son nom

Là où je vis

N’existera jamais à ma façon

J’ai deux cents ans à survoler

A peine cinquante, vivant,

A vivre dans mes quartiers.

Toutes les solitudes

Téméraires

Sont bonnes à prendre

Jusqu’au cimetière

Où l’on enterre les prétentions.

 

Peu m’importent les femmes

Belles et rondes nues

Peu m’emportent les flammes

Des alcools à la rue

 

Peu importantes les flaques

De sang

Là où je vis ça claque

Pas de quartiers

 

On nait orange

Ici c’est notre couleur grise

Entre dans la fange

Avec un zest de fatigue

 

Et les ailes blanches

Des anges meurtris

C’est sur la banquette

Que l’envol se construit

 

Peu importe, les masques.

Là où je saigne

Le rouge est patraque

Et le regard dans les veines

 

Toutes les incertitudes

Sont bornées

Là où je vis c’est l’attitude

Qui est courante monnaie

 

Et les monnaies courantes

Effraient la mort

Et le bourgeois selle homme

Derrière la montagne

 

Pauvres guerres, pôles serviles

Et dans les tranchées

Du rhum à volonté

Pour tuer nos frères ventricules

 

La poésie exagère

Celle qui se croit vivante

C’est bien de croiser le fer

Cultivé aux ruminants

 

Peu importe, mon cran.

Aboli par mon courage

J’ai déjà l’âge d’un guerrier

Sans aucun prénom

 

Et dans les poubelles

Une carte d’identité

Comme elle et sa beauté

Pour nos amours sans crécelle

 

Peu importe la mue est en rond

Et ma bêtise au panier

Là où je vis le blé

Organise l’hécatombe des amants

 

Et dans les poubelles

L’amour qu’on ne ramasse plus

Grouille en chantant

Des vers et de la pourriture

 

Peu importe mon nom

Mon amour tu sais

C’est à l’emporte-pièce

Que ta croupe notre ambition

 

Un bruit de métal rouillé

Une chatte qui grince

Des bijoux de princesse

Et mon jouet qui déraille

 

Peu importe, tes richesses

D’amours et de tendresses.

Là où j’existe

Grince et toutes mes ivresses

 

Peu m’importent tes amours

Tes rivières poétiques

Tes cliquetis en plein jour

Mes brumes sont électriques

 

Assis sur une chaise

Je t’observe

Et un fusible dans la braise

Nos feux en conserves

 

Ce n’est pas de l’humour

C’est ce qu’il me reste

Une fois que tu me déshabilles

Et que ma veste proche de l’amour

 

Rigide

Tel un cierge

J’imite

Ton insolite enfer

 

 

Mon amour….

 

 

 

Cribas 02.03.2009