Imagine que je sois sain

Une sorte de magicien

Poète avec  de la mort

Et des tripes à l’air

Tu ferais quoi de moi ?

 

Imagine pour rire

Qu’au lieu de crever niais à Venise

Je t’emmène à Palerme

Et que je glisse un calibre

Dans tes feintes d’amour

 

Vois-tu le monde

Lorsqu’il s’amuse à vivre

Dans sa propre tourbe

Comme il est perdu

Et les cœurs qu’on peut flinguer ?

 

Imagine que je me connaisse

Et que je te sache

Tout à fait sanguinaire

Où que j’aille en enfer

Et que je t’emmène en voyage

 

Imagine le rêve perdu

Souriant au paradis

Glissant sur l’amertume

D’un cynisme chanceux

Avec la puanteur du désespoir

 

Vois-tu le monde

Son optimisme de fond

Ses couleurs dissoutes*

Dans une éprouvette calcaire

Et les cœurs qu’on peut flinguer ?

 

Imagine pour vivre

Qu’un jour j’en finisse

Avec toi

Dans le cimetière d’une cabane

A cause de ton journalisme

 

Imagine mon amour

Que ta langue humide

Se retrouve dans un bocal

Avec les parties civiles

D’un juge incorruptible

 

Vois-tu le monde

Comme un film d’homme

Ou comme un trafic de souliers ?

Tes jambes sur talons de marque

Sont courtes comme des aiguilles silencieuses.

 

Imagine, pauvre conne

Que le jour où tu m’aurais aimé

Pour toujours

Je n’aie été qu’un dealer de clauses

Par ici la monnaie

 

Vois-tu ta propre overdose

De marques,

Et tous ces chiens qui crèvent

Drogués jusqu’aux os

Cordonniers jusqu’à tes pantoufles de vair

 

Imagine-toi sur place

Pour de bon

Ensuite ferme-la

Et sois rose soie notre palace

Mes affaires sont les tiennes

 

Imagine ta TT

Après l’audition

Transformée en carême

Dans une cellule

Sans permissions

 

Vois-tu le monde

Pauvre folle ?

Tu as de la chance de m’aimer moi

Et tes petits enfants

Deviendront présentables.

 

Aime-moi je m’occupe des brindilles

La vie c’est assez mafieux

Laisse-moi je construis le nid

Mais ne répète jamais rien

Putain illégale !

 

Et demain on se marie

Et on s’aime

Vois-tu le monde sérieux

Et ta veine

Pauvre folle ?!

 

Vois-tu le monde

Jamais si simple

Et le mont Olympe

Connerie des dieux déserts

Qui m’a assoiffé ? 

 

J’ai goûté le marché

Fusillé mes narines

Empli mes veines

Je me suis même moqué

Des enfants de la chance

 

Imagine l’épave noyée,

Victorieuse

Parmi les dragueurs de mines

Excités comme un cercle

Au fond des yeux…

 

 

 

 

Cribas 03.03.2009