Fait de fin d'hiver ou Status quo jusqu'au prochain printemps
Par Cribas le samedi 25 avril 2009, 22:51 - POESIPHONIES - Lien permanent
Les belles gens en peau de clodo
S’insurgent contre la misère
Rendez-vous devant le métro
Ils s’y rendront bien entendu en auto
Service prod oblige
Il sera préférable qu’on ne les maquille pas
En Fiona Gelin
C’est incroyable le regard des gens
Qu’on leur porte lorsqu’ils se griment en clodo
Ils n’en reviennent pas
Comme si ils ne savaient pas
Ils ne savent pas
Ou ne savent plus
Quoi inventer pour être ridicule
Dans un monde où les aveugles sont rois
Les belles peaux
Descendent dans la misère
En auto avec carte de presse
Sur le pare-brise face à la rue
Délit de bobos
Donneurs de leçons impitoyables
Lorsqu’ils redécouvrent la ville
En passant
Nous les simples passants
Ne sommes que d’impénétrables gens froides
Et Lara Fabian en moche
Qui chante comme une star
Ne nous sort aucun mouchoir
Lorsqu’on veaux au boulot en retard
Les belles fleurs
Tombent de leurs tiges
Devant l’indifférence d’un peuple pas encore assez pauvre
Pour qu’elles s’en émeuvent
Et qui ne veut plus payer pour l’art :
Ces voleurs de royalties
Qui ne sourient même pas aux clochards !!!
Dommage je ne savais pas ce jour-là
Je lis des journaux vraiment intéressants, moi !
Parce que je leur aurais bien téléchargé une bonne baffe à ces gaffeurs bouffons parmi les rois…
Une bande de cons à l’Emmanuelle BEART
A encore frappé ma mémoire
Et je me dis que jamais non vraiment jamais
Je n’aurais voulu être une sorte d’artiste fantoche
A part si cela avait été en vélib
A me faire passant
Et repassant
Devant cette bande de cons jamais essoufflés
On aura tout vu
Je préfère encore devenir vieux et réac…
Dernière remarque :
Si ça pouvait faire évoluer la mentalité carnassière
De leurs homologues au pouvoir
Pourquoi pas…
Pourquoi je n’y crois pas
Cribas 25.04.2009



Commentaires
Je retenais mon souffle, j'attendais, j'attendais et enfin...
Respire...
Au moins la démonstration d'indécence de ces pipols nous aura valu une Poésiphonie , et ces mots posés de main de maître ...
"Et Lara Fabian en moche
Qui chante comme une star
Ne nous sort aucun mouchoir
Lorsqu’on veaux au boulot en retard"
"Pourquoi(je n'y crois) pas" ;-)
La video que tu proposes en commentaires est à mon avis bien plus touchante que celle mise en cause dans ton texte et que, guidée par tes allusions, j'ai fini par dénicher sur le net -en bonne ignare des faits d'actualité- et qui se passe de commentaire.
(Note de Cribas: Lorsque tu as écrit ton commentaire, je n'avais pas encore précisé que l'image était cliquable ;-) )
Etre un anarchiste et vivre comme un millionnaire. Tout juste. Et le coupable, c’est l’autre, c’est nous, c’est toi, c’est moi. Ainsi leurs "homologues au pouvoir" esquivent-ils leurs responsabilités, des responsabilités qu’ils n’ont jamais sans doute envisagé d’assumer. Le pouvoir ne s’assume pas, il s’exerce. Ils l’exercent, ensemble.
Leur message est clair, chacun sa merde, et cette merde-là ne les concerne pas, à nous de faire. La solidarité ne fonctionne jamais du haut vers le bas. Parfois du nécessiteux vers le miséreux.
Ils sont tellement étrangers aux réalités qu’ils ont oublié que la rue laisse son empreinte, de crasse, de pourriture, de vermine, de puanteur, la rue corrompt les corps, laisse sa patine sur ceux qu’on réduit au trottoir d’en face.
Ça ne se grime pas, ça ne se joue pas, c’est pas du cinéma, pourtant ils ont cru pouvoir l’incarner. Artistes ? Ils se prennent pour des dieux, condescendant à descendre parmi le commun des mortels et à ouvrir la voie, dicter les lois. Ainsi sont-ils. Odieux.
Un peu moins de sauts par ici ces temps-ci... Mais retour et plongeon bienvenu dans tes chansons.
J'étais aussi passée à coté de l'initiative et la vidéo... Mais après tout, les stars le cinéma et moi...
Eh ben voilà ce que j'appelle une mise au point qu'il fait bon lire :)