Un goût de chien dans mon verre

Comme une salive abondante

Qui au lieu de l’âme qui se gorge de sang

Gonfle ma respiration six poèmes sous terre

 

Je sens le vent comme la queue d’un clébard

S’agite quoi qu’il en soit

Sous la pluie, dans un couloir

La truffe légère abasourdie par une crème Chantilly

 

Je sustente ma mauvaise humeur

A quatre pattes

En courant après les chattes

Qui elles-mêmes se dégriffent à la lumière

 

Nous sommes toujours deux à ce jeu

Je joue et elles s’amusent

Et sous le joug de la consanguinité des sexes

Je digère muse après muse

 

L’œsophage en sang

J’opère le fer blanc de mon armure

Mais je conserve mon rêve clinquant

Tel un premier jour je le jure

 

Je les laisse faire

Et tout ce qu’elles m’envolent

J’en fais de la mosaïque

Tout bien tapi sur un fond d’enfer

 

Aimer une seule femme serait dangereux comme une révolution sanguinaire

Et surtout, elle serait terrorisée

La muse qu’on préfère,

Sans ses hôtes possibles chiennes

 

Je me laisse faire


 

 

Cribas 02.05.2009