Voici donc de mortes abeilles

Des fêtes du voisinage

Des gens gentils avec du fiel

Et du bonheur en cage

 

Voici donc des catastrophes

Par ici les rumeurs

Des prophètes tout de prose

En gueules de vainqueurs

 

Voici donc des divorces

Et des lunes de miel

Aux sommets des cocktails

Sur les peuples en torches

 

Me voila si râleur

Sur le front des raclures

Un marteau par derrière

Aussi lourd qu’une enclume

 

Voilà donc les pareils

Dans la machine à rebours

Apeurés par l’appel

D’une Corée aux tambours

 

Voilà donc le mélange

De la mélasse des journaux

Des missiles aux mésanges

La haine c’est des salauds

 

Voilà donc les merveilles

Des nouvelles du salon

Nos missives à la treille

Restent meilleure façon

 

Me voici las à l’heure

Dans le fond sans encablures

Tout étiré en lueurs

L’océan contre un mur

 

La lumière fuse

En se prenant pour un passé simple

Mais tous les jours il fait mauvais temps

Sous l’orage des limbes

L’existence dos au mur

Regorge de pied-à-terre

Poésie à la ligne

D’une époque à remiser

Au son des calèches

Au bruit des enfers

Aux existences parallèles

Je tends ma descente perpendiculaire

La poésie c’est juste

Et le cul à l’air aussi

 

Que dire de plus

Lorsqu’il a plu pour de bon

Sur les hommes en moins ?

A force de dire bonjour au charbon

T’es plus qu’un aveugle cavalier

Sur son cheval miné par un futur simple.

 

Que dire de plus que le titre d’un poème essoufflé par sa propre grâce ?

Tangible ?

Intangible ?

Désespoir de cardiographe ?

Jubilation mensongère du misanthrope de printemps cueilli comme une endive ?

Ramassage à la pelle des époques pleines de folies passagères ?

 

Disons que le peuple pleure

Avec ses larmes humides

Car les gens en horreur

S’attrapent en maladie utile

Avec la diction d’un cœur

Emballée en forme de rixes…

 

Quelle catastrophe

Les barbecues pleins de guêpes

Et de mouches à strophes

Sur ma viande verte

 

Me voila si râleur

Sur le front des raclures

Un marteau par derrière

Aussi lourd qu’une enclume

 

 

 

 

 

 

Cribas 26.05.2009