Fou comme le sont les singes

Et les hommes armés

Je cherche une branche pour viser

L’humanité qui me dérange

 

Je veux tuer au-delà des lignes

Exterminer mes généraux

Décider de l’intérieur des cimes

Et mourir comme un cadeau

 

Je veux décharner les envoyés

Mon Dieu c’était les tiens autrefois

Lorsque je nageais dans la poix

Et que mes virgules frémissaient.

 

Je n’ai plus rien à dire

De la tête aux pieds

Si ce n’est l’envie de meurtrir

L’écart jusqu’à la vérité

 

L’art j’en ai pris plein la gueule

Du mien la conscience

En deçà demain c’est plutôt meuble

Un propos suicidaire et singulièrement absent

 

Folles telles que mes méninges

Mes existences caméléonesques

Régurgitent en fins pensives

Le discours de ma niaque

 

J’ai envie d’aimer

C’est plutôt maladif,

Est humain à pleurer

Mon sourire toux chétive.

 

Et saoul comme le font les singes

Aux flegmes désarmés,

Je m’enfuis du beau linge

Toute bêtise machinée.

 

J’essaie de chanter

Mais c’est poussif

Mon air arriéré

Dans les nids de l’amitié.

 

Et les poux sains d’amours

Me regardent

De nuit comme en plein jour

En mouches qui m’agacent.

 

L’art j’en meurs,

Large mort,

Tout comme les dingues

Et parfois les barges.

 

Je veux muer

Au-delà des rimes,

Et des lacs muets,

Et de mon désespoir fermé

Comme un sac de ciment.

 

Poète comme un singe

Si les hommes armés...

J’ai peur. Don, ma cage

Ne sait toujours pas viser.

 

 

Cribas 05.07.2009