Ecrire la tristesse

Décrire aussi l’instant fugace

Le bonheur

Se réveiller une corde au cou

Et toute la journée

Dormir debout

Mourir assis couché

Debout

Lève-toi et charme

Le soleil au bout de la flûte

Dans un rayon qui scintille

Tel un virage découvert en millisecondes

Ecrire

Fardeau le jour

Fard à paupières la nuit

Se décomposer chaque jour

Pour la lumière qui suit

Etrange zombie dans la transparence

Puis vampire bien torché

Plus aucun réverbère ne titube

Lorsque j’appartiens aux vieux clochers

Je transpire lorsque la nuit approche

Et comme l’air y est plus doux

Je soupire enfin sur la ville morte

En expirant le venin des insouciants.

Gargouille vivante

Mon statut se liquéfie dans la nuit

Vigilante liberté

Que celle de sombrer sans honte,

Potion après potion,

Dans l’option gorille de la discrétion vivante

Que l’on croit morte,

Puisque sa lueur est moins forte que la lune.

Décrire sa maîtresse

A tout bout de champs.

D’écrire, s’amenuisent les chants,

Les tendances enchanteresses

Des grands yeux bleus ou verts,

Où bien plus claires enfin que l’enfer

Les virgules par leur absence

Absorbent tout sens contrôlé ou amer.

Jaillir la tristesse

Dans le dos au grand jour

Et dans la nuit presque messe

Refaire le contour de son masque.

Ecrire avec des cubes de couleur

Comme une seule image

Qui servirait de tampon.

Jet de l’encre sur les doigts

Et j’ai oublié à quel souvenir je le dois.

Et chaque jour j’écris

Assis, debout,

Puis accouché sur l’étoile.

La nuit est à la grande course.

Moins triste pour deux ronds

Je trace des cercles à la place des bulles

Et j’espère dessiner du ventricule

Au moins les paranoïas schizophréniques

Assises à la table de briques

Où s’émonde mon cœur simple

Transmuté en robot bipolaire.

 

Une couche d’acier

Ce fer dessus

Une couche d’acier

Ce fer dessus

Acier trempé.

 

Ecrire avec une plume

En plume

Chercher grand comme une formule

A faire fondre son armure

 

Ecrire souple comme la tristesse

Avec en point de mire

Un mur aussi flou que la sagesse

Où y balancer sa mélancolie…

 

 

 

 




Cribas
29.08.2009