L’ivoire redore le blason de la lumière

Un grand sourire

Brillant

 

Jeune ivoire toute sa peau d’ébène

Annonce un plaisir

Vivant

 

Miroir jauni à force de me voir

Je ne me fais plus rire

Instant

 

Patient flou de la folie dérisoire

Je me sens vieillir

Maintenant

 

Demain la grande lune

Ma mort étalée inconnue

Sur le marché des parapsychologies

Où les grandes roues

Auront tourné mon film à l’abri

Pendant que Disneyland et ses vertus

 

Demain c’est l’archer de Noé

Qui liquidera mes calepins

Sans un reportage sur ARTE

Trente ans pus tard pour les américains

 

Dois-je dormir en prison

Parce que les chiennes de plastiques

Jouaient troubles lionnes

Sur mon machin trublion ?

 

J’ai le dos large aujourd’hui

Mais quand même

Qui cherche à me blâmer ?

Mes excuses en dollars furent acceptées…

 

Tous les hommes de quarante ans se taperaient bien de la chair fraîche

Les prolos évidemment préfèrent un steack tartare comme frustration

Nous ne sommes que des mâles

Mais certains le sont moins que d’autres.

 

Si j’étais Noé j’accepterais toutes les espèces

Mais pas n’importe quelle race

Dans mon bateau pirate.

 

Patient flou de la folie

A vingt ans déjà

Je ne savais plus où j’en suis en été.

 

Peut-on jouir à treize ans ?

Et trente ans plus tard

Peut-on aimer l’argent ?

 

L’ivoire redore le blason de la lumière

Un grand sourire

D’ébène

Sur la plantation coupable

Et ses racines victimes…

 

 

 

Cribas 09.10.2009